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"Cosmétotextiles", "texticaments"... La nouvelle génération de textiles est en marche. De plus en plus techniques, les vêtements ne servent plus seulement à nous habiller mais peuvent aussi nous faire du bien, soulager nos petits ou grands bobos, voire nous protéger contre certaines infections. Le point sur un marché encore balbutiant mais plein de promesses.

La révolution de la microencapsulation

Depuis la fin des années 90, le procédé de la "microencapsulation" a permis la création de nouveaux vêtements intelligents contenant des microcapsules qui se diffusent avec le frottement et libèrent progressivement des principes actifs: cosmétiques pour les "cosmétotextiles" ou médicaments pour les "texticaments". Sur le marché des cosmétotextiles, on trouve ainsi des sous-vêtements, pyjamas, leggings et collants aux vertus hydratantes, amincissantes, sculptantes ou même odorante. Vous avez ainsi peut-être entendu parler de la marque Slip Français, qui a généré tout un buzz autour de "l’indomptable", un slip "sent bon" en 2013. L’innovation ne connaît pas de tabous.

Autres petites révolutions "microencapsulées", de plus en plus de vêtements à visée thérapeutique font leur apparition dans les rayons des pharmacies. La société Dooderm commercialise par exemple depuis 2014 une large de gamme de vêtements et sous-vêtements à base d’argent pour soulager les démangeaisons dues au psoriasis et à l’eczéma, des maladies de peau qui affectent pas moins de 3 millions de personnes en France. Les sportifs peuvent aussi soigner ou prévenir les "tennis elbow" grâce à des manchettes (Twubs) diffusant des anti-inflammatoires.

Une manière de se renouveler pour un secteur en crise

Dans un marché que la mondialisation a rendu particulièrement concurrentiel, les "texticaments" permettent au secteur de se réinventer, à l’image de l’entreprise Lemahieu, modeste bonneterie née en 1947 près de Lille qui a pris, dès la fin des années 2000, le virage de l’innovation avec des vêtements très techniques dédiés au bien-être et à la santé. Sous sa marque phare "Achel", Lemahieu commercialise ainsi des leggings anti jambes-lourdes, des sous-vêtements absorbants et lavables contre l’incontinence, des pyjamas anti-microbiens pour lutter contre les infections nosocomiales... "Le textile devient une sorte de patch géant, le support d’une fonctionnalité ou d’un soin", explique Edith Lemahieu, qui dirige l’entreprise depuis 1987. "Nous investissons chaque année plus de 200 000 euros dans la recherche et essayons de suivre l’évolution des besoins des consommateurs" explique la directrice de l’entreprise qui vient de sortir, en début d’année, une nouvelle gamme paramédicale dédiée à l’amélioration du sommeil avec une lingerie de nuit diffusant toute la nuit des extraits de plantes et d’huiles essentielles (valériane, camomille, marjolaine, lavande...).

Des pistes d’évolution prometteuses

Même s’ils n’existent encore qu’à dose homéopathique, les "texticaments" devraient se développer encore dans les prochaines années, sous l’impulsion de nouvelles techniques toujours plus inventives. A l’étude actuellement dans plusieurs laboratoires, des textiles tissés en fibre optique qui diffusent de la lumière ouvrent par exemple des pistes intéressantes pour traiter la jaunisse des nourrissons ou encore certains cancers de la peau... A suivre !

Entreprise Lemahieu - 6ème du Prix Théophile Legrand 2013