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En matière d’écologie, on n’en fera jamais trop. Alors pour encourager le tri et le recyclage, certaines organisations proposent de rémunérer la collecte des déchets. Tour d’horizon des dernières initiatives.

2 types de démarches cohabitent : celles qui offrent une rétribution directe aux consommateurs faisant l’effort de trier, et celles qui donnent accès à des récompenses via des programmes de fidélisation au recyclage.

« Buvez, triez, gagnez ! »

C’est la promesse des bornes Réco France, installées à proximité de supermarchés partenaires. Alors que dans l’Hexagone, seulement 50% des bouteilles en plastique sont recyclées, le principe est simple : les consommateurs déposent leurs bouteilles en plastique dans un conteneur et reçoivent un bon d’achat à utiliser dans le supermarché d’accueil de Réco. Les montants restent symboliques mais le geste très utile puisque fin 2015, près de 15 millions de bouteilles avaient déjà été collectées, soit plus de 1 000 tonnes de CO² évitées. La Chine, qui tente d’endiguer sa pollution endémique, a mis en place une initiative semblable à Pékin, où sont installées 34 machines permettant d’acquérir des crédits téléphoniques et des tickets de transports publics en échange de bouteilles plastique. La ville affirme que 15 000 tonnes de bouteilles sont recyclées chaque année grâce à ce dispositif et prévoit d’augmenter le nombre d’automates.

Recycler rime avec solidarité

A Lagos, ville de 21 millions d’habitants qui génèrent chaque jour près de 10 000 tonnes de déchets, les quartiers les plus pauvres se sont habitués aux tournées des Wecyclers. Cette flotte de vélo-cargos sillonne les bidonvilles pour ramasser les déchets en plastique et aluminium collectés par les familles. En échange, les habitants reçoivent des points correspondant au poids des déchets fournis avec lesquels ils peuvent acheter de la nourriture, du petit électroménager ou encore du crédit mobile. Aux Etats-Unis, Recycle Bank a créé sur le modèle des cartes de fidélité une communauté de plus de 4 millions de personnes. Le programme offre à ses adhérents de cumuler des points en échange des déchets collectés, à utiliser ensuite auprès des marques partenaires. En matière de collecte des déchets, certaines communes américaines vont encore plus loin pour inciter les habitants à mieux trier les déchets. Plus que la carotte, c’est le bâton que la ville de San Francisco manie : plus votre poubelle de déchets « non triés » est remplie et plus vous payez de taxe de ramassage des ordures. Une stratégie gagnante puisque la ville réussit aujourd’hui à recycler ou composter 80% de ses déchets !

Lagos au Nigeria produit 10 000 t/jour de déchets non industriels. Wecyclers les collecte.