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Gyropode, monoroue, gyroskate… Ces drôles de machines croisent et dépassent les piétons de plus en plus fréquemment dans nos villes. L’occasion de faire le point sur cette tendance, en 5 questions :

1 - Qu'est ce que c'est ?

Ces nouveaux engins de déplacement personnel (EDP) prennent de nombreuses formes mais présentent quelques points communs : ils sont portables, électriques, et on ne s'assoie pas dessus. Citons la monoroue, qui se réduit à une roue qu'on enfourche, le gyroskate qui ressemble donc à un petit skate avec les roues sur les côtés, la trottinette électrique... Ces engins filent à une allure comprise entre 6 et 18km/h et possède une autonomie d’une dizaine de kilomètres.

2 - Qui les utilise ?

Le prix limitait la démocratisation : à part la trottinette, tous dépassaient le tarif de 1000€. Le public des mono roues appartient majoritairement à la catégorie des cadres supérieurs urbains. Les gyroskates et hoverboards sont une récente exception : à moins de 500 euros, ils sont devenus l’apanage des adolescents et jeunes adultes.

3 - Où a-t-on le droit de rouler ?

Pour le moment, c’est le vide juridique qui règne. Les utilisateurs des NDP restent assimilés à des piétons d’après l’article R412-34 II du code de la route. Interdit donc d’aller sur la route, les pistes cyclables et de dépasser les 6 km/h. Mais en pratique, ils empruntent souvent les couloirs de bus pour ne pas avoir à slalomer entre les piétons, et leur allure dépasse bien souvent les 6km/h. De quoi s’interroger sur leur sécurité, mais aussi sur la cohabitation avec les autres usagers si cette tendance venait à prendre de l’ampleur…

4 - Quels sont les risques ?

Les réseaux sociaux ont beaucoup partagé la vidéo de Mike Tyson chutant lourdement de son gyroskate. Seule blessure : son amour-propre. Plus grave, une autre vidéo a montré un hoverboard prendre feu spontanément et exploser, ce qui a entrainé l’interdiction de ses engins dans les transports en commun new-yorkais. Pour l’instant rien de tel en France. L’AFNOR va édicter cette année une norme européenne sur la qualité de conception de ces EDP.

5 - Est-ce le futur des déplacements urbains ?

Pour Nicolas Louvet du bureau d’étude 6t spécialisé dans les mobilités, il y a bien un marché du premier et du dernier kilomètre : typiquement le trajet de la maison au parking, ou encore du lieu de travail à la gare… La trottinette électrique lui apparait comme le meilleur candidat pour remplir ce rôle. PSA et le constructeur suisse Micro travaillent d’ailleurs ensemble à une trottinette électrique qui se logerait sous le plancher du coffre d’un concept car Peugeot.

Maureen Houel, qui participera à l’organisation du salon Autonomy en octobre 2016 sur les nouvelles mobilités, est moins tranchée. Pour elle, le marché possède un très grand potentiel "mais il faut que ces NDP se fassent une place dans l’espace urbain. Demain quand la ville sera sillonnée de voitures électriques autonomes et partagées il y aura plus de place dans les rues pour les (autres) moyens de transports".

Présentation des différents modèles de ces nouveaux engins de déplacement personnel