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Trois quarts des assureurs estiment que leur métier va profondément évoluer au cours des 5 années qui viennent. Ce chiffre, tiré d’une étude du cabinet de conseil et d’audit PwC, reflète une tendance en particulier : le développement de l’Insurtech qui permet de mieux maîtriser les risques.

Sous-segment de la Fintech, l’Insurtech, c’est-à-dire l’innovation technologique au service de l’assurance, change la donne pour les compagnies d’assurance, notamment en matière de gestion du risque.

D’après PwC , la meilleure évaluation des risques grâce à l’analyse data est ainsi le deuxième domaine dans lequel l’Insurtech aura l’impact le plus fort, juste après la création de nouvelles offres à destination des clients.

Mieux anticiper les risques grâce à la technologie

De quoi parle-t-on précisément ? La force de l’Insurtech réside dans sa capacité non pas à réinventer l’assurance de A à Z mais, au contraire, à la modifier par petites touches successives, en absorbant les innovations qui gravitent autour d’elle.

L’Insurtech innove au pas de course dans 4 domaines en particulier :

  • Télémesure et Internet des Objets. La collecte et la transmission de données dans le cadre de la santé connectée (rythme cardiaque, températures…) ou encore de la domotique permettent d’avoir une meilleure connaissance des assurés et de leur environnement.
  • ADAS (Advanced Driver Assistance Systems). Le monitoring de la conduite manuelle et, demain, la réduction du risque humain grâce à la conduite autonome offrent de formidables perspectives dans le secteur automobile. A travers son offre YouDrive, Direct Assurance évalue le style de conduite de ses clients par l’intermédiaire d’un boîtier connecté. Les plus prudents bénéficient de rabais pouvant atteindre 50% du coût de leur assurance auto.
  • Analyse Big Data. L’analyse data permet de personnaliser l’offre à l’extrême et de proposer des produits d’assurance "à la demande" assortis d’une tarification sur-mesure.
  • Machine Learning ("apprentissage automatique") et Intelligence Artificielle. L’accélération technologique des dernières années et, plus encore, celle qui se pro-file à l’horizon vont permettre de passer à un modèle prédictif (en matière de vols, de risques de santé, de risques climatiques). Des algorithmes complexes vont per-mettre d’élaborer des scénarios capables de prédire l’avenir… toujours dans l’objectif de mieux évaluer le coût des risques encourus.

Des ressources mieux utilisées, des primes en baisse

Meilleure protection, tarification adaptée au profil de l’assuré et connaissance approfondie des risques ne sont pas les seuls atouts de l’Insurtech :

  • Du point de vue du client, cette évolution est synonyme de plus grande réactivité dans le traitement des dossiers (déclaration de sinistre à distance…) et d’optimisation de l’expérience. L’assurance pourrait même devenir automatique, comme l’illustre le contrat intelligent lancé par AXA en partenariat avec la plateforme d'assurance paramétrique Fizzy. Ce contrat déclenche un remboursement aux passagers dès que le retard d’avion est de 2h ou plus.
  • Du point de vue de l’assureur, l’automatisation d’un certain nombre de tâches ou l’autonomisation du client lui-même (actualisation des informations personnelles, simulation d’assurance, démarchage commercial…) permet de recentrer les équipes sur le cœur de métier, à savoir le conseil et l’accompagnement.

Pour finir, cette meilleure utilisation des ressources devrait faire baisser les primes d’assurance et permettre aux assureurs d’être plus compétitifs, selon une enquête de l’organisation professionnelle IAIS.

Vers l’émergence de nouveaux modèles

Quel peut être l’impact à plus long terme de l’Insurtech sur l’activité des sociétés d’assurance ? La conséquence la plus probable est un déplacement de leur périmètre d’intervention. De la gestion de sinistres, le rôle des assureurs devrait progressivement se déporter vers la prévention. A quoi bon encourir le risque de devoir financer, du moins en partie, un séjour à l’hôpital s’il est possible de l’éviter, en aidant l’assuré à prendre soin de sa santé ?

Dans ce système, tout le monde est gagnant. Et c’est peut-être pour cela que l’Insurtech suscite autant d’optimisme.