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Le gouvernement français a mis en place, en 2014, une contribution climat énergie (CCE). La tonne de CO2, fixée à 14,50 euros en 2015, passera à 22 euros en 2016.

Pas de fumée… sans taxe carbone

Taxer les émissions de CO2, soit l’une des principales causes du réchauffement climatique : tel est le but de cette Contribution Climat Energie (CCE). Sont visés tous les carburants et combustibles fossiles émetteurs de dioxyde de carbone : essence, gazole, fioul, gaz et charbon.

Le principe est simple : il s’agit d’inciter financièrement les entreprises et les particuliers à "verdir" leurs comportements en renchérissant le prix des énergies les plus dommageables pour le climat, tout en permettant à l’Etat de s'octroyer une nouvelle recette fiscale.

L’entrée en vigueur de la CCE n’est pas anodine, puisqu’elle équivaut à augmenter le prix de l'essence d'environ 3,4 centimes par litre en deux ans. Pour le gazole des moteurs diesel, il faut compter environ 4 centimes par litre, même chose pour le fioul.

Et ça ne s’arrête pas là : début 2015, les prix du gaz, du fioul, de l'essence et bien sûr du diesel ont à nouveau augmenté de 2 à 2,4 centimes par litre. Les automobilistes roulant au diesel paient quant à eux une taxe supplémentaire de 2,4 centimes par litre pour financer la suppression de l’écotaxe. Parallèlement le fioul, que 2 millions de Français utilisent pour se chauffer, sera lui aussi impacté par la taxe à hauteur de 2,4 centimes par litre. Les ménages les plus modestes ne devraient pas être trop grevés par ces hausses, des compensations ayant été prévues pour accompagner la montée en charge de cette contribution.

Au total, l'État en retirera 2,5 milliards d'euros de recettes fiscales en 2015.

En Suède, grâce à cet impôt, les énergies renouvelables non taxées sont devenues plus compétitives que le fioul.

Soutien aux énergies renouvelables

Ces efforts permettent à la France de rattraper ses voisins européens… même si l’hexagone reste loin derrière la Suède, le meilleur élève de la classe. Au pays des sapins et des lacs, cette taxe a été un facteur déterminant de baisse des émissions de gaz à effet de serre et de soutien aux énergies renouvelables. "En Suède, grâce à cet impôt, les énergies renouvelables non taxées sont devenues plus compétitives que le fioul. D’où la forte pénétration de la biomasse dans les réseaux de chauffage urbain notamment", souligne Susanne Akerfeldt, conseillère au ministère des finances à Stockholm.

Une voie pour dynamiser les énergies vertes donc, mais qui aurait un coût politique s’il fallait l’appliquer comme chez notre voisin scandinave : en France, le prix de la tonne de CO2 est aujourd’hui de 14,50 euros contre 115 euros en Suède, où l’écotaxe est jugée efficace.

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