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Sorti en octobre 2017, le film "Numéro Une", réalisé par Tonie Marshall, questionne la place de la femme dans les grandes entreprises. La mixité à tous les niveaux n’y serait pas encore un acquis. Mais certains travaillent à la faire avancer, comme Nathalie Aubonnet et Christophe Vermont, co-présidents du réseau Mix’in, chez AXA France. Rencontre.

En 2017, la mixité et la parité sont-elles toujours des enjeux dans l’entreprise ?

Nathalie Aubonnet : La mixité et la parité en entreprise sont évidemment toujours des sujets, je dirais même que ce sont des sujets sur lesquels il ne faut jamais baisser la garde. On a beaucoup progressé, mais c’est le fruit d’importants efforts de l’Etat et d’entreprises engagées pour faire avancer la cause.

Depuis janvier 2017, la loi Copé-Zimmermann oblige les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) à compter au moins 40% de femmes dans leur conseil d’administration. La loi a été efficace, les entreprises s’y sont très vite pliées. En revanche, ce mouvement n’est pas encore répercuté dans les instances dirigeantes des entreprises. Cela finira par arriver, mais on préfèrerait que ce soit sans légiférer !

Christophe Vermont : Les entreprises en sont maintenant à peu près toutes convaincues : la mixité est un facteur de performance, car les talents sont partout, chez les hommes comme chez les femmes ! On a tout intérêt à développer la présence féminine dans les métiers masculins car la diversité en général permet de faire émerger de nouvelles méthodes, de nouvelles approches. Reste que certains secteurs et métiers ont besoin d’une vraie transformation.

Justement, comment favoriser l’émergence de talents féminins dans les secteurs traditionnellement réputés masculins ?

C.V. : La problématique ne se situe pas qu’au niveau des entreprises. Elle se trouve, pour certains métiers, au niveau de la formation. C’est particulièrement le cas dans l’IT qui est une filière dans laquelle on trouve aujourd’hui très peu de femmes. On a donc besoin de faire des femmes qui y ont réussi des "rôles modèles" inspirants. C’est notamment en s’identifiant à elles que les jeunes filles des générations à venir se projetteront dans ces métiers.

N.A. : Pour d’autres métiers, ce n’est pas qu’une question de changement culturel. Certains freins sont plus structurels. Les fonctions commerciales, par exemple, sont vues comme des métiers où il est plus difficile d’avoir un équilibre vie pro/vie privée. Ils impliquent d’être souvent sur la route, ce qui n’est pas toujours compatible avec une vie de famille. Or, il me semble qu’avec tous les moyens digitaux à notre main, nous devrions finir par surmonter ce frein très concret.

En quoi le rôle des hommes est-il déterminant dans le sujet de la mixité professionnelle ?

N.A. : La mixité c’est 50% d’hommes, ne l’oublions pas ! Ils ont également beaucoup de choses à gagner dans ce combat, par exemple, sur le sujet de l’équilibre de vie pro - vie perso. Combien n’osent pas prendre de congé paternité ou rentrer plus tôt pour voir leurs enfants?

La question de la politique parentale définie par l’Etat ou les entreprises est centrale : plus on aura des règlementations qui mettront sur un pied d’égalité l’homme et la femme, plus on avancera.

C.V. : En effet, dans l’inconscient collectif, ce sont encore les femmes qui doivent prendre en charge beaucoup des tâches de la vie familiale, ce qui est un frein majeur à leur progression professionnelle. Mon combat, c’est de mettre les hommes sur un pied d’égalité sur ce sujet-là aussi. Pourquoi serait-ce systématiquement le rôle de la maman de s’occuper des enfants malades? Mettre en avant des rôles modèles masculins est indispensable. Ils doivent être décomplexés sur des sujets qui sont, culturellement, réservés aux femmes.

On a ces dernières années, parlé de mixité en mettant en avant les femmes, en légiférant pour donner l’impulsion. Je crois qu’on doit maintenant passer à une vision de la mixité plus inclusive des hommes.

On le voit dans le film Numéro Une, réalisé par Tonie Marshall et dont AXA est partenaire, la protagoniste s’appuie sur un réseau féminin. Que peuvent apporter ces réseaux à la question de la mixité ?

N.A. : Pour parler du réseau que nous connaissons le mieux, Mix’in, je dirais qu’il permet avant tout de lever des freins psychologiques, grâce à des échanges simples, sans langue de bois. On réalise qu’on est toutes et tous confronté(e)s à des problématiques similaires. On y partage nos problématiques et nos bonnes pratiques.

C.V. : On est par ailleurs très vigilants à ne pas être exclusifs : Mix’in est ouvert aux hommes, son comité de pilotage est mixte, et même paritaire ! On peut organiser des événements sur le retour de congés maternité, comme faire témoigner des hommes sur leurs congés parentaux !

Il m’a permis d’observer une chose, c’est qu’il y a un véritable enjeu générationnel dans le sexisme. Le discours sur la mixité semble mieux intégré chez les plus jeunes. Alors, rendez-vous dans quelques années pour voir s’ils auront su faire évoluer les modèles !

AXA partenaire du film "Numéro Une"

En savoir plus

Nathalie Aubonnet (Suivre sur Twitter)
Directrice Prévoyance particuliers/professionnels et co-présidente du réseau Mix’in chez AXA France.

Christophe Vermont (Suivre sur Twitter)
Directeur des Systèmes d’Information Assurances Vie Individuelles et Distribution et co-président du réseau Mix’in chez AXA France.