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Depuis 1965, les femmes ont peu à peu acquis en France des droits économiques comparables à ceux de leurs homologues masculins. Une évolution qui a donné naissance à de nouveaux équilibres dans la gestion des ressources financières au quotidien, notamment au sein du couple.

Cela paraît impensable à l’heure actuelle… mais jusqu’au 13 juillet 1965, il était impossible pour une Française d’ouvrir un compte bancaire ou d’exercer un emploi sans l’accord de son mari. Plus d’un demi-siècle plus tard, le salaire et la retraite des femmes demeurent en moyenne respectivement 18 et 26% inférieurs à ceux des hommes.

À la lutte pour l’égalité des droits doit donc se substituer une action concrète en faveur de l’égalité des pratiques, encore loin d’être acquise.

Vers une individualisation des revenus

Avec le temps, les mécanismes de solidarité conjugale évoluent ! Selon l’INSEE, seuls 64% des couples mettent désormais en commun leurs revenus : 18% des couples ne partagent qu’une partie de leurs ressources et, pour les 18% restants, l’argent de chacun est géré de manière entièrement séparée.

Tentation du chacun pour soi ou simple rééquilibrage ? Dans un article publié dans la revue universitaire Enfances, Familles, Générations, la sociologue Caroline Henchoz observe une "individualisation des revenus" croissante au sein des nouvelles générations. Elle note que le poids des inégalités passées et actuelles "explique, en partie, pourquoi certaines conjointes considèrent l’argent de leur compagnon comme l’argent de la dépendance et leur argent comme celui de l’indépendance économique". Ne pas souhaiter mettre en commun tout ou partie de ses revenus doit donc être vu dans une perspective historique : celle de l’absence d’indépendance financière des femmes jusqu’à la fin du XXème siècle.

Mais même aujourd’hui, la gestion de l’argent au sein du couple reste fortement marquée par le genre. Comme le souligne le conseiller en gestion de patrimoine Thierry Ohayon, le revenu des femmes a souvent tendance à être alloué aux achats alimentaires du quotidien, tandis que celui des hommes finance les investissements (accession à la propriété, épargne, etc.).

Réaliser le potentiel professionnel et économique de chacun(e)

De nos jours, l’évolution des comportements est également la conséquence du rééquilibrage des sources de revenu au sein du couple : en France comme aux États-Unis, 25% des femmes gagnent désormais plus d’argent que leur conjoint. Une séparation accrue des ressources évite certains conflits liés à l’argent au sein du couple, tout en permettant aux femmes de mieux s’approprier leur indépendance financière.

Les mesures en faveur de l’égalité professionnelle et salariale sont encore nécessaires. Mais elles ne se suffisent pas à elles-seules ! La réduction des disparités en matière de culture financière constitue un autre prérequis majeur pour favoriser l’indépendance des femmes. L’OCDE souligne ainsi dans son rapport sur les inégalités hommes/femmes la nécessité de favoriser l’accès des femmes à la création d’entreprise et aux produits d’épargne, en particulier dans les pays en développement.

Dans cette optique, le secteur privé a également sa carte à jouer. Lors des "Rencontres Pour elles", des conseiller(e)s AXA France délivrent aux participantes les clefs pour anticiper les moments de fragilité financière comme un divorce, le décès d’un proche, la dépendance d’un parent et la préparation de la retraite. Pour qu’indépendance rime également avec confiance (en soi) !

Crédit photo : kieferpix