Les femmes et l'entrepreneuriat

Il n’y a pas un entrepreneuriat au féminin, uniquement des femmes et des hommes qui entreprennent. Pourtant, seulement 40% des entreprises individuelles sont créées par des femmes en 2015 en France. C’est la raison pour laquelle parler "d’entrepreneuriat au féminin" reste utile, pour mieux le comprendre, casser les idées reçues et enfin l’accélérer.

La Fondation Entreprendre a mené une étude, avec le soutien d’AXA France, auprès de 503 entrepreneures françaises afin de mieux appréhender leurs besoins. Xavier Delattre, Directeur Général de la Fondation Entreprendre, livre ces principaux enseignements : "91% des femmes interrogées estiment que l’entrepreneuriat est une expérience positive et sont majoritairement prêtes à retenter l’aventure, si c’était à refaire. Les principaux freins évoqués ne sont pas forcément liés au genre : 63% des femmes entrepreneures estiment, d’ailleurs, qu’il n’est ni plus difficile ni plus facile d’être une femme chef d’entreprise qu’un homme chef d’entreprise".

Lors du lancement de leur entreprise, les femmes ont surtout en tête le risque financier.

"40% des femmes interrogées craignent avant tout l’endettement et la faillite, les conséquences sur le foyer et la famille, sans compter parfois la difficulté à trouver des fonds. La difficile conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle est également mentionnée par 35% des répondantes, ainsi que l’absence de réseaux pour 25%", poursuit Xavier Delattre.

La prise de risque, une condition nécessaire

Elle est un incontournable dans la vie de l’entrepreneur qui doit perpétuellement prendre des décisions, tout d’abord au moment de se lancer, puis aux différents stades d’avancement de son activité. Les risques ne constituent jamais un saut total dans l’inconnu, lorsqu’ils sont évalués et que l’entrepreneur est bien entouré.

La prise de risque n’est pas un trait de caractère, c’est une dynamique dans laquelle chaque individu peut inscrire sa vie. Comme en témoigne Catherine Maunoury, à plusieurs reprises championne de France et du monde de voltige aérienne, et Présidente de l’Aéro-Club de France : "A chaque fois que j’ai eu envie d’abandonner, ce sont avant tout mes proches qui m’ont incitée à continuer. La confiance qu’ils me donnaient a toujours été moteur, ce qui m’a permis de prendre des risques et de me dépasser !".

Besoin d’accompagnement dans le financement

Les femmes expriment majoritairement un besoin d’accompagnement lié à la recherche de fonds et de ressources financières. "Les femmes ont tendance à créer leur emploi, davantage qu’à créer leur entreprise" souligne Xavier Delattre. Elles ont moins fréquemment recours à l’emprunt que les hommes, et manifestent davantage de prudence dans la gestion de leur entreprise.

Pour Marjolaine Grondin, CEO de Jam : "les banquiers ont l’habitude d’avoir des hommes qui pitchent devant eux et c’est devenu un modèle". Propos surenchéri par Guy Mamou-Mani, membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, pour qui "le pitch est un exercice d’hommes devant un jury d’hommes, pour convaincre des hommes banquiers".

Dans ces conditions toutes particulières, certaines femmes peuvent alors ressentir le "syndrome de l’imposteur". Elles estiment qu’elles ne sont pas suffisamment capables ou créatives, malgré des preuves de réussite. Ce syndrome serait plus présent chez les femmes comme l’illustre Marjolaine Grondin. "Il y aurait, chaque année, 5% d’étudiants admis par erreur dans l’université d’Harvard. Un jour, un professeur demanda à ses élèves d’écrire sur un bout de papier s’ils ou elles pensaient être là par erreur. Cette petite expérience a montré que les étudiantes étaient davantage empreintes au doute".

Certaines femmes renonceront alors car elles ne se sentent pas "à leur place". Et pourtant, pour Marjolaine Grondin, cela a été moteur : "J’ai découvert que dans l’entrepreneuriat, on ne peut pas être là par erreur. Créer mon entreprise m’a permis de sortir de ce syndrome de l’imposteur".

La confiance en soi, en son projet est essentielle. Il faut savoir se jouer de l’exercice, en comprendre les codes pour mieux se les approprier. Et pour cela, les femmes ont de nombreuses qualités, notamment la capacité à présenter des business plans crédibles, qui font d’elles de bonnes gestionnaires.

Y croire, être convaincue, et vous serez convaincante.

C'est ce que recommande Catherine Maunoury.

Connaissez-vous AXA Talk & Engage ?

Cet article est issu de AXA Talk & Engage, un événement qui réunit des experts venus d’horizons différents (société civile, réseaux féminins… mais aussi des entrepreneur(e)s), afin d’échanger, débattre et témoigner de leur expérience entrepreneuriale.

AXA France soutient tous les niveaux de création d’entreprises : du micro-entrepreneur à la PME et l’ETI, en passant par les autoentrepreneurs, les TPE et l’économie sociale et solidaire.

En 2017, la Fondation Entreprendre lance "Des Elles pour Entreprendre", un programme sur 3 ans dont AXA France est partenaire fondateur. L’objectif est de soutenir et agir en faveur de l’entrepreneuriat féminin, autour de trois piliers : sensibiliser, concrétiser et pérenniser.

En savoir plus :

  • Xavier Delattre, Directeur Général de la Fondation Entreprendre ;
  • Catherine Maunoury (@maunouryc), dix fois championne française de voltige aérienne et double championne du monde et actuelle Présidente de l’Aéro-Club de France ;
  • Marjolaine Grondin (@MarjolaineGD), CEO, Jam ;
  • Guy Mamou-Mani (@Guy_mm), Coprésident du Groupe Open, membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes.

Téléchargez AXA Talk & Engage - Comment Accélérer l'entrepreneuriat au féminin ? (PDF - 5Mo)

Pour Guy Mamou-Mani, Coprésident du Groupe Open et membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes, l’école reste encore à l’origine de déséquilibre "Tout au long du parcours scolaire, on voit des stéréotypes du type "papa va au travail et maman fait les courses". Il n’y a aucune raison valable aujourd’hui à ce que les femmes soient moins créatrices d’entreprises ou moins présentes dans le secteur de l’informatique par exemple, si ce n’est une mauvaise orientation scolaire et un problème de représentation d’un secteur ou d’un métier".

L’environnement familial, plus ou moins entrepreneurial, a donc une réelle importance. Alors que Catherine Maunoury, à plusieurs reprises championne de France et du monde de voltige aérienne, et Présidente de l’Aéro-Club de France, était encore une enfant, ses parents lui ont toujours dit : "Trouve quelque chose qui te plaît et fais-le ! J’avais 3 frères et je n’ai jamais eu l’impression que je n’avais pas les mêmes possibilités".

Le droit à l’erreur

Aux Etats-Unis, la culture entrepreneuriale se traduit par la capacité à voir en toute chose, succès comme échec, une expérience profitable qui permet de grandir. Lina Bougrini, docteur en médecine et économiste en santé fondatrice de Click&Care, la découvre lors d’un voyage aux Etats-Unis : "C’est là-bas, que j’ai pris la décision de monter mon entreprise. Les gens que j’ai rencontrés m’ont contaminée par leur esprit positif".

Marjolaine Grondin a fondé Jam alors qu’elle était encore étudiante :

Je me suis toujours dit que si j’échouais, ce n’était pas grave. Ce projet était une source d’enrichissement même s’il se soldait par un échec.

Entreprendre ne débouche pas nécessairement sur le lancement d’une entreprise. Il s’agit d’une démarche créatrice qui ne se limite pas aux résultats. Le voyage compte parfois davantage que la destination.

Pour Marjolaine Grondin, cette posture se réalise d’autant plus lorsque l’entrepreneur fonctionne en "mode projet" et que chaque étape du processus est alors considérée individuellement. Chaque jour constitue alors un enrichissement.

Nourrir des représentations inspirantes

Le champ des possibles, que chacun peut apercevoir devant soi, est en partie modulé par celles et ceux qui nous inspirent et cela très tôt dans son parcours.

"Regardez les forums des étudiants et la surreprésentation ou l’absence de jeunes femmes dans certaines filières. Lorsqu’on est en classe de 1ère, on veut faire comme untel ou untel. C’est ici qu’il faut jouer des 'role models' " d'après Guy Mamou-Mani.

L’esprit d’entreprendre est transmis par ces personnalités qui en sont habitées et qui partagent leurs envies et leurs engagements au quotidien. Les parcours des femmes et hommes qui nous entourent peuvent conditionner nos projections. Plus les femmes seront nombreuses à se lancer dans des démarches d’entrepreneuriat, plus cela suscitera des vocations. À l’image de Lina Bougrini, créatrice de Click&Care ou de Marjolaine Grondin, fondatrice de Jam.

À condition que ces entrepreneures soient suffisamment connues et promues par les médias et les conférences. C’est la raison d’être du mouvement #JamaisSansElles, co-fondé par Guy Mamou-Mani. "#JamaisSansElles est né pour assurer une représentativité des femmes à chacune des conférences auxquelles participe un signataire. C’est un engagement fort que nous menons pour la parité, qui demande parfois des sacrifices" raconte en souriant Guy Mamou-Mani, qui a refusé de débattre avec un prix Nobel d’économie en l’absence de femmes.

Le numérique, parce qu’il crée de nouveaux métiers et facilite aussi l’accès aux savoirs, représente également une opportunité pour parvenir à rééquilibrer la mixité dans notre société. Le "Plan sectoriel mixité numérique" a ainsi été signé le 31 janvier 2017, entre les pouvoirs publics (le Ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes et le Secrétariat d’Etat chargé du numérique auprès du Ministère de l’Economie et des Finances) et des représentant(e)s du numérique (Wi-Filles, Syntec Numérique...) avec pour objectif la mise en place d’actions concrètes pour que les femmes soient de plus en plus nombreuses à s’orienter vers les métiers du numérique et notamment les métiers techniques.

Connaissez-vous AXA Talk & Engage ?

Cet article est issu de AXA Talk & Engage, un événement qui réunit des experts venus d’horizons différents (société civile, réseaux féminins… mais aussi des entrepreneur(e)s), afin d’échanger, débattre et témoigner de leur expérience entrepreneuriale.

AXA France soutient tous les niveaux de création d’entreprises : du micro-entrepreneur à la PME et l’ETI, en passant par les autoentrepreneurs, les TPE et l’économie sociale et solidaire.

En 2017, la Fondation Entreprendre lance "Des Elles pour Entreprendre", un programme sur 3 ans dont AXA France est partenaire fondateur. L’objectif est de soutenir et agir en faveur de l’entrepreneuriat féminin, autour de trois piliers : sensibiliser, concrétiser et pérenniser.

En savoir plus :

  • Guy Mamou-Mani (@Guy_mm), Coprésident du Groupe Open, membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes ;
  • Catherine Maunoury (@maunouryc), dix fois championne française de voltige aérienne et double championne du monde et actuelle Présidente de l’Aéro-Club de France ;
  • Lina Bougrini, docteur en médecine et économiste en santé fondatrice de Click&Care ;
  • Marjolaine Grondin (@MarjolaineGD), CEO, Jam.

Téléchargez AXA Talk & Engage - Comment Accélérer l'entrepreneuriat au féminin ? (PDF - 5Mo)

Le compromis permanent entre deux vies

La conciliation entre vie professionnelle et personnelle est citée parmi les freins à la création d’entreprise. Au quotidien, il s’agit d’un compromis permanent entre ces deux vies, préoccupation citée aussi bien par des entrepreneures ayant des enfants que par celles n’en ayant pas. Cela peut alors générer un sentiment de double culpabilité : celui de n’être ni suffisamment mère, ni suffisamment présente pour son entreprise, mais aussi finalement une difficulté au "lâcher prise".

Xavier Delattre, Directeur Général de la Fondation Entreprendre, commente les témoignages recueillis par l’étude : "Les entrepreneures peuvent avoir tendance à assumer une "charge mentale" personnelle et professionnelle qui se traduit par un souci constant de gérer, d’organiser, de tout planifier, d’une recherche de la perfection qui peut s’avérer compliquée. Elle se révèle être alors une source de stress et de frein potentiel à l’entrepreneuriat".

C’est la raison pour laquelle l’adhésion et le soutien des proches sont essentiels à un projet entrepreneurial. L’organisation du quotidien doit être en évolution permanente pour permettre l’accomplissement de tous, sans distinction de genre.

"Beaucoup de dirigeants d’entreprise remercient leurs femmes à la fin de leur carrière, sans qui rien n’aurait été possible. J’aimerais que l’inverse soit possible", indique Xavier Delattre.

Mobilisation générale !

Pour Guy Mamou-Mani, membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes la mobilisation des hommes aux côtés des femmes est indispensable car toute la société peut en profiter. "Les femmes se sont battues seules pendant des années pour obtenir des avancées en matière d’égalité. La raison du succès de "Jamais Sans Elles", un mouvement constitué d’hommes".

La promotion des uns ne peut se faire au détriment des autres. Une société toujours plus mixte ne doit pas se faire au détriment des hommes. Pour Lina Bougrini, docteur en médecine et économiste en santé fondatrice de Click&Care, il convient également d’éviter la surreprésentation des femmes dans des secteurs entiers au risque de féminiser certains métiers, à l’instar de ce qui a pu se passer aux Etats-Unis.

Une société mixte est porteuse de richesses, car elle se nourrit du meilleur de chacun. En mêlant diversité et égalité des chances, l’entrepreneuriat devient source de cohésion sociale pour imaginer un futur où chacun aurait sa place.

Connaissez-vous AXA Talk & Engage ?

Cet article est issu de AXA Talk & Engage, un événement qui réunit des experts venus d’horizons différents (société civile, réseaux féminins… mais aussi des entrepreneur(e)s), afin d’échanger, débattre et témoigner de leur expérience entrepreneuriale.

AXA France soutient tous les niveaux de création d’entreprises : du micro-entrepreneur à la PME et l’ETI, en passant par les autoentrepreneurs, les TPE et l’économie sociale et solidaire.

En 2017, la Fondation Entreprendre lance "Des Elles pour Entreprendre", un programme sur 3 ans dont AXA France est partenaire fondateur. L’objectif est de soutenir et agir en faveur de l’entrepreneuriat féminin, autour de trois piliers : sensibiliser, concrétiser et pérenniser.

En savoir plus :

  • Xavier Delattre (@FEntreprendre), Directeur Général de la Fondation Entreprendre ;
  • Guy Mamou-Mani (@Guy_mm), Coprésident du Groupe Open, membre du Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes ;
  • Lina Bougrini, docteur en médecine et économiste en santé fondatrice de Click&Care

Téléchargez AXA Talk & Engage - Comment Accélérer l'entrepreneuriat au féminin ? (PDF - 5Mo)
Lire la suite