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Ce n’est plus un scoop : les séniors sont branchés ! Accros des réseaux sociaux comme leurs petits-enfants, ils multiplient les comptes avec des objectifs parfois très différents. Focus sur une tendance aux multiples visages, qui redistribue les cartes des réseaux.

Les séniors (plus de 55 ans) représentent plus de 15% des "facebookers". Un chiffre qui a bondi de 80% en 3 ans. Aujourd’hui, 6 séniors sur 10 se connectent régulièrement sur leur profil (majoritairement Facebook) et 1 sur 2 envoient des "friend request" à leur entourage. Mais pourquoi ?

Préserver le lien

"Contrairement à leurs descendants, les plus de 60 ans ne privilégient pas la technologie pour la technologie, ni la nouveauté pour la nouveauté. Ils voient surtout l’aspect pratique des réseaux sociaux : être en lien avec leurs proches ou retrouver des amis perdus de vue" commente Serge Guérin, sociologue et auteur de Silver Génération (Michalon). On l’aura compris, l’essentiel pour les séniors, c’est de préserver voire retisser du lien social. La recherche d’informations utiles et les loisirs arrivent au second plan. Pas étonnant dans ces conditions que les réseaux spécialisés ne rencontrent qu’un moindre succès, en dehors de Quintonic, qui permet de faire des rencontres et partager ses passions entre gens du même âge.

Les plus de 60 ans voient surtout l’aspect pratique des réseaux sociaux : être en lien avec leurs proches ou retrouver des amis perdus de vue.

Twitter pour mieux consommer

Bien que le phénomène soit encore balbutiant, Twitter commence doucement à intéresser les séniors. "Je compte de plus en plus de retraités parmi mes followers" confirme Serge Guérin. A l’écouter, cet engouement serait loin de se résumer au simple besoin de "retweeter les informations qui les ont marqués pour rester dans le coup". Véritables consom’acteurs, les séniors écument soigneusement les sites et forums avant d’acheter en ligne. "Ils ne sont pas dans l'impatience et l'achat d'impulsion. Ils raisonnent et comparent", confirme Rémy Sansaloni, de TNS, interrogé sur le site ecommercemag.fr. Une fois leurs achats effectués, ils n’hésitent pas à prendre le temps de partager leurs avis à grande échelle, car non seulement ils ont l’argent (ils représentent 48% du commerce en ligne selon l'étude de l'institut LH2) mais ils ont aussi le temps. La réputation des marques sur les réseaux sociaux passe donc aujourd’hui pour beaucoup par les commentaires des "silver surfers", et les communicants sur les réseaux sociaux parlent à des twittos qui pourraient être leurs parents. Eric, community manager pour une célèbre marque de soda, le confirme : "on ne peut pas être dans un registre toujours générationnel/jeune, la communication doit être plus maîtrisée".

Surfer pour l’emploi

Mais les séniors ne sont pas sur les réseaux que pendant leur temps libre. "Un demandeur d’emploi sur 3 a plus de 50 ans" titrait le Parisien en juin dernier. Bien que leur CV regorge d’expérience, les séniors peinent, eux aussi, à retrouver des emplois et doivent se mettre aux nouveaux modes de recrutement. Ils sont donc de plus en plus nombreux à s’emparer des ressources offertes par le Web. Aux Etats-Unis, le réseau social professionnel LinkedIn est ainsi en passe de devenir aussi populaire que Facebook (étude 2014), notamment pour les séniors. "Cette tendance va arriver en France, ce n’est qu’une question de temps, assure Frédérique Airbaud, directrice générale associée chez senioragency. Qu’ils aient besoin de retravailler ou qu’ils s’ennuient à la retraite, les baby-boomers comprennent à leur tour que pour renouer avec le monde actif, ils doivent ouvrir un compte sur un réseau social en ligne". Outre les très nombreux portails dédiés à l’emploi des séniors (seniorjob, senioragir, deuxième carrière…), les séniors se mettent donc aux réseaux d’emploi. Signe que cette tendance est dans l’air du temps, Viadeo développerait justement son portefeuille de membres séniors…