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Verrous électroniques, caméras intelligentes, capteurs de mouvements, détecteurs de fuite d’eau… Grâce aux objets connectés, nos intérieurs seront demain plus sûrs. A condition de prendre au sérieux le risque de piratage.

Eté 2025. Alors que vous êtes installé au bord de la mer, une alerte sur votre téléphone vous prévient d’un début d’inondation à votre domicile. Selon le détecteur de fuite branché à votre robinetterie, trois mètres cube se sont déjà écoulés…Pas de panique : 2 heures plus tard, votre interphone signale l’arrivée du plombier, vous déverrouillez la porte d’entrée à distance et votre drone à roulette, que vous pilotez, suit en direct les réparations. La catastrophe évitée, votre drone et vos détecteurs retournent à leur veille. Et vous à votre bronzage.

Un Robocop dans le salon ?

De la science-fiction ? Plus pour longtemps. La plupart de ces objets existent déjà. Et s’ils demeurent encore un peu chers, 60% des Français souhaitent qu’ils se généralisent*. Parmi les objets les plus prometteurs : les verrous électroniques, les caméras intelligentes, les capteurs de mouvements, les détecteurs de fuite, de bris de glace et d’intrusion… Bref, il s’agit de protéger vos biens en votre absence. Mais la protection domotique, c’est aussi l’intégrité des personnes vulnérables. Se développent donc les bracelets qui détectent les chutes des personnes âgées, les montres avec bouton d’appel d’urgence ou encore les boîtiers portatifs permettant de géolocaliser les malades d’Alzheimer ayant fugué. Leur point commun : prévenir en temps réel de la détresse d’autrui, pour réagir à temps.

Intelligents oui, mais fragiles

Reste à rassurer les Français sur les risques de hacking. Car 12% d’entre eux considèrent ce développement comme un danger*. Il faut dire que la technologie des objets connectés doit encore améliorer ses protections contre les cyber-attaques. L’éditeur de solutions de sécurité HP Fortify a ainsi relevé 25 failles courantes dans les objets connectés. Parmi elles, l’absence de mot de passe et de "login". Les objets n'ayant pas d'interface visible, les constructeurs jugent en effet inutile de relier l’objet à un nom d'utilisateur. Mais ce faisant, ils permettent à un hackeur d’avoir comme une porte d’accès au réseau de l’utilisateur.

Chéri, on a piraté le frigo

"Imaginez ce qu'un hacker serait capable de faire dans un monde où tous les objets sont reliés les uns aux autres via internet", met en garde Jochem Binst, de VASCO Data Security dans le Huffington Post. "Une simple faille dans votre frigo connecté ou votre téléviseur permettrait de s’introduire dans votre système domotique et de désactiver vos appareils de sécurité". De quoi rapidement alimenter un discours anxiogène, quand on sait que 50 milliards d'objets seront connectés à Internet d'ici 2020**. Des craintes à nuancer note cependant un spécialiste de la sécurité informatique rattaché aux services du Premier Ministre "Attention, on parle de compétences rares de piratage tout de même… Ces "hackers" sont intéressés par de plus grosses cibles que votre pavillon… Pour les particuliers, on peut imaginer que les constructeurs trouveront des parades d’ici là pour sécuriser les petits objets connectés : personne n’achèterait un pacemaker que l’on pourrait pirater". Jochem Binst, le confirme : "Appréhender au mieux l'Internet des objets commence par se préparer dès aujourd'hui en adoptant des standards de sécurité plus élevés". Il plaide d’ailleurs pour l’utilisation de technologies moins vulnérables et de mots de passe à usage unique, un peu comme ce que proposent déjà certaines banques en ligne : les mots de passe deviennent obsolètes dès leur première utilisation, rendant toute interception par les hackers inutile.

D’ici là, autant prendre de bonnes habitudes et varier manuellement vos codes et identifiants. Les spécialistes en sécurité informatique le martèlent : "le problème originel se situe souvent entre le clavier et la chaise". En clair, les clefs sont entre vos mains. Encore faut-il penser à verrouiller la porte de votre réseau.