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Coût carbone exorbitant d’un kilo de viande, nécessité de nourrir toujours plus d’humains… Dans un rapport récent, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) pointe les effets néfastes de l’élevage traditionnel et défend la culture d’insectes pour lutter contre le réchauffement climatique et la faim dans le monde. Demain, des sauterelles en sauce ? Explications.

Adieu, veau, vache, cochon ?

La FAO se base sur des données "massues" : l’élevage traditionnel est à l’origine de près de 20% du CO2 émis par l’activité humaine. Du transport du bétail à son alimentation, en passant par le méthane rejeté par les animaux, il faut compter 28 g de CO2 rejetés pour 1 kg de viande de porc. Et pour 1 kg de grillons, à la valeur nutritive 5 fois supérieure ? 300 fois moins de CO2. Et c’est encore sans compter la déforestation pour changer les bois en pâturages et la pollution des sols due à l’élevage industriel.

Pour les moins convaincus, la FAO donne quelques perspectives. Avec 9 milliards d’humains en 2050, nous serons dans l’obligation d’augmenter la production agricole mondiale de 70%... Sachant que les insectes demandent 4 à 6 fois moins de nourriture que le bétail et beaucoup moins d’eau pour produire l’équivalent d’1 kg de viande, la solution insectivore semble logique. Elle l’est d’ailleurs déjà en Asie et dans certains pays d’Afrique, où la consommation d’insectes n’est pas qu’une nécessité mais une pratique culturelle. Faut-il se résoudre à déjeuner en faisant la grimace ?

Ceux qui dépassent leur réticence sont surpris par le goût : c’est très bon !

Pour les fins gourmets

"Goûtez, et vous changerez d’avis : les insectes peuvent être délicieux" nous rassure Nahabi Velarde, le fondateur de merci.mercado. Son épicerie fine vend des ingrédients rares aux restaurateurs, principalement à New York. "Les insectes sont cultivés et appréciés au Mexique depuis l’époque préhispanique. On en trouve encore, dans des villages, produits en toute petite quantité, principalement pour l’autoconsommation… Dans ce cas, c’est un produit rare, avec un terroir, une production artisanale précieuse". Est-ce à dire que les foodistas vont se ruer sur ses sauterelles ? "La demande est en forte croissance. Il y a les curieux, il y a ceux qui veulent une alimentation écologique, et enfin il y a les restaurateurs qui cherchent de nouvelles saveurs. Ceux qui dépassent leur réticence sont surpris par le goût : c’est très bon ! Et puis c’est le sens de l’histoire : il faudra bien s’y mettre".

C’est aussi l’avis du chef étoilé David Faure. Dans son restaurant niçois micronutris.com. Et bon appétit bien sûr !