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Indispensables à la santé humaine, les abeilles sont également essentielles au bon fonctionnement des écosystèmes. Ruches connectées, financement participatif grâce aux plateformes : la technologie entend proposer des solutions nouvelles pour préserver la santé des abeilles.

Les abeilles, indispensables à la santé humaine…

On connaissait les vertus du miel pour soulager les voies respiratoires. Mais saviez-vous qu’il avait aussi des propriétés cicatrisantes ? Le miel contient deux types de sucre (le fructose et le glucose), ainsi que des enzymes et des vitamines. L’association de ces différentes substances exerce une action antibactérienne sur la peau, qui permet aux cellules de se régénérer sans créer de surinfection. Le miel pourrait ainsi réduire le temps de cicatrisation d’environ 20%.

La gelée royale, sécrétée par les abeilles ouvrières de la ruche, peut elle être utilisée pour renforcer les défenses immunitaires. Elle agit aussi sur le stress et la fatigue grâce à la vitamine B, au magnésium et aux acides aminés essentiels qu’elle contient. De plus, la gelée royale peut aider à lutter contre l’insomnie en activant la production de mélatonine.

Mais ce n’est pas tout ! Le venin de l’abeille est un anti-inflammatoire très efficace contre les rhumatismes et les tendinites. Et le pollen que rapportent les abeilles à la ruche sous forme de pelotes après le butinage est bourré de protéines, utiles notamment au renouvellement de la peau, des tissus musculaires et de la moelle osseuse.

Enfin, comment ne pas évoquer le propolis, que vous trouverez en spray, sirop ou gélules dans toutes les bonnes pharmacies et épiceries bio ? Cette résine accumulée par les abeilles a un effet antiseptique, très utile contre les toux persistantes. Ici, ce sont les phénols et les antioxydants qui jouent un rôle bénéfique.

… et à la vie des écosystèmes

Essentielles pour notre santé, les abeilles sont également indispensables à l’équilibre des écosystèmes. À tel point que la Commission européenne s’apprête à créer un indicateur destiné à mieux surveiller les abeilles et autres pollinisateurs dans l’Union.

Selon les Nations Unies, sur les 100 espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, plus de 70% dépendent des abeilles pour leur pollinisation. Or, depuis 15 à 20 ans, les populations d’abeilles subissent de lourdes pertes dans toutes les régions du monde. Apparition de nouveaux types de champignons pathogènes virulents, utilisation excessive de produits chimiques dans l’agriculture, changement climatique : les abeilles sont tributaires des transformations que la nature subit. Près de 30% des colonies d’abeilles disparaissent en France chaque année.

La technologie, nouveau rempart contre l’extinction des abeilles ?

HostABee, Label Abeille : vous avez peut-être entendu parler de ces Start-ups qui promettent une apiculture connectée. Leur concept ? Aider les apiculteurs à mieux "piloter" la santé de leurs abeilles. Chaque ruche est équipée d’un boîtier connecté qui communique avec une plateforme web. Vendu une centaine d’euros en moyenne, le boîtier est capable de suivre en temps réel le cycle de vie de la colonie d’abeilles. Par exemple, si la température augmente et l’humidité diminue, c’est que la colonie ne travaille plus et se prépare à l’essaimage. L’apiculteur peut alors prendre les mesures qui s’imposent et optimiser son temps de travail en limitant les déplacements injustifiés.

Mais ce n’est pas le seul moyen pour la technologie de voler au secours des apidés. Sponsoring de ruches, programmes de financement participatif : le développement de plateformes telles qu’Ulule ou Tudigo a entraîné la multiplication des initiatives visant à soutenir financièrement ceux qui prennent soin des abeilles. Et les particuliers ne sont pas les seuls à être mis à contribution. La jeune pousse Beesolis, qui se fait connaître grâce à internet, propose ainsi l’installation de ruches en entreprise et des services apicoles clé en main.

Un maillon d’une politique agricole et environnementale plus globale

Si ces initiatives vont dans le bon sens, la "tech" ne résoudra pas à elle-seule tous les maux des abeilles. Les solutions technologiques ne peuvent donc être qu’un maillon d’une politique plus globale, qui se justifie d’autant plus que le coût de la disparition des abeilles, notamment lié à la baisse de la production agricole, est estimé à 3 milliards d’euros pour la France selon les chiffres d'une étude de 2016 du ministère de l’Environnement.

Pour préserver la santé des abeilles et, par extension, la santé humaine, il faudra donc lutter contre les traitements pesticides (notamment les néonicotinoïdes, qui agissent sur le système nerveux des abeilles), ralentir la réduction des superficies (quantité et diversité des fleurs), limiter la multiplication des émissions électromagnétiques… et bien sûr combattre la pollution et le réchauffement climatique.