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Tout le monde semble tomber d’accord : il faut préserver la biodiversité. Mais au fait pourquoi ? S’il nous fallait des arguments au-delà de l’amour de la nature ou de l’impératif moral, il s’avère que protéger la diversité des espèces est essentiel pour notre santé.

Une petite grenouille de la forêt tropicale australienne aurait pu soigner jusqu’à 25 millions de malades d'ulcères, juste aux États-Unis. Aurait pu ? Oui, car la grenouille qui secrétait l’enzyme stoppant la digestion – une petite particularité de sa méthode de gestation – a désormais disparu. La recherche sur cette enzyme est ainsi morte dans l'œuf.

Ce cas est loin d'être isolé car pas moins de 6 000 espèces d'amphibiens pourraient prochainement disparaître. Une perte considérable car ces animaux vulnérables sécrètent des substances chimiques qui n’ont pas fini d’intéresser la recherche. Le cas de ces amphibiens, rapporté par le livre _selon l'estimation la plus basse.

Altérer la biodiversité, c’est donc entraver les progrès de la recherche médicale.

Une corne d'abondance chimique

Le risque médical est évident : la biodiversité est à l’origine d’une réserve de molécules bénéfiques pour la santé humaine ; et la nature est quant à elle, un immense laboratoire. Actuellement, une grande partie de nos médicaments proviennent des plantes et des animaux. Concrètement, ils sont synthétisés en laboratoire à partir d'une molécule trouvée dans la flore ou la faune. Et nous sommes loin d’avoir fini de remplir notre armoire à pharmacie des bienfaits de mère Nature ! Les chercheurs commencent par exemple tout juste à étudier les Ziconotide, a déjà été composé à partir de cette substance : il est 1 000 fois plus puissant que la morphine et ne provoque aucune dépendance.

Un bouclier contre les maladies infectieuses

Altérer la biodiversité, c’est donc entraver les progrès de la recherche médicale. Mais un déséquilibre de notre écosystème rendrait également l’environnement plus dangereux pour l’espèce humaine, en favorisant Les liens entre santé et biodiversité publiée en 2013 par le ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie. Et ce chiffre impressionnant pourrait encore gonfler, y compris en Europe : le nombre de personnes touchées par ces maladies est déjà en progression de 10 à 15% au cours des quinze dernières années (12%, en France).

Le réchauffement climatique pourrait d’ailleurs encore aggraver la situation : climat et biodiversité sont intimement liés.
"C’est un même combat", estime François Silvain, Président de la FRB et Membre du Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité (CSPNB). "Le changement climatique est un élément fort de la perturbation de la biodiversité"_.

Nous nous limitons ici aux apports de la biodiversité dans le domaine médical. Mais la biodiversité rend naturellement de nombreux services à l’homme, et que l’on ne mesure pas. Par exemple, des chercheurs de l’CNRS ont tenté de faire un exercice : la pollinisation par les divers insectes est estimée valoir 150 milliards d'euros en 2005. Une richesse fantastique, que l’on ne mesure qu’à l’aune de sa perte…

Posté par Facebook sur  jeudi 27 août 2015