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C’est la rentrée ! On repart du bon pied dans un intérieur bien propre ? A voir. De nombreux produits d’entretien ne feraient pas bon ménage avec la santé et l’environnement. Entre études médicales alarmantes, éco label et guide pratique pour astiquer écolo, la prise de conscience se développe et favorise de nouveaux comportements.

Une (très) propre menace

Nos placards regorgent de détergents, sprays, déboucheurs et autres anticalcaires bardés de substances agressives, et pas que contre les tâches. Solvants organiques, tensio-actifs, composés chlorés, phosphates… Ces molécules issues de la pétrochimie sont aujourd’hui régulièrement mises en cause pour leur impact sur la pollution de l’eau, de l’air, et sur notre santé...

En 2012, l’association Santé Environnement France publie un rapport qui fait état de la présence de plus de 900 substances chimiques dans l’air de notre maison, pour la plupart du fait des produits ménagers, grands pourvoyeurs de composants organiques volatiles (COV). L’année suivante, l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) confirme que 91% des produits ménagers auraient des émissions cancérogènes et mutagènes prouvées. Un constat alarmant, appuyé par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) et par une étude américaine de 2010, qui conclue que les femmes utilisant certains produits d’entretiens ont deux fois plus de chance de développer un cancer du sein. Suffisant pour préférer astiquer au savon de Marseille ?

77% des consommateurs estiment que l’usage des produits ménagers peut avoir des conséquences sur leur santé.

Une conscience sans tâche ?

En France, la prise de conscience s’est traduite par différentes mesures depuis les années 1990 : création de labels publics (Ecolabel européen, NF Environnement) et privés (Nature & Progrès), interdiction de certains produits comme les phosphates dans les lessives domestiques, obligation faite depuis 2012 aux fabricants de produits d’entretien d'en afficher la composition chimique… Des réglementations appuyées par les consommateurs, de plus en plus au faits des risques –77% estiment que l’usage des produits ménagers peut avoir des conséquences sur leur santé– et qui a incité les fabricants à revoir leur copie. Sur le marché du "propre" très concurrentiel, un nouveau segment s’impose donc progressivement : le produit vert. Aujourd’hui, un liquide vaisselle concentré sur 4 serait bio. Une tendance grandissante, mais à mettre en perspective : elle est 2 fois moins importante en France qu’en Allemagne, pionnière du secteur des produits naturels et berceau de nombreuses marques comme Bionatura, Ulrich ou encore Rainett, lancée dès les années 70.

De plus, les habitudes ont la vie dure : pour les français, l’efficacité reste encore le premier critère d’achat, devant l’écologie.

Toxicologues et écologistes considèrent pour leur part qu’il reste du chemin à faire. Ils critiquent par exemple un affichage des polluants volatils en fourchettes imprécises ("moins de 5%"), des labels trop permissifs ou des astuces marketing trompeuses.

Le "Grand Ménage" de Raffa

Les spécialistes ne préconisent donc qu’un remède pour nettoyer vraiment 100% bio : le produit home made, et l’huile de coude ! A ce titre, les nettoyeurs en chef ont depuis 2008 leur gourou : Ecosymaison.

Le bicarbonate de soude, le vinaigre blanc, le savon noir ou d’autres produits plus insolites (le marc de café, les cendres, les épluchures de pommes de terre) sont ainsi invités dans nos placards, et le ménager incité à fabriquer son propre nettoyant multiusages ou son liquide vaisselle. Des astuces souvent simples– laver sa lessive au savon de Marseille, laver ses vitres avec un journal mouillé – mais efficaces, à en croire les utilisateurs… Et surtout inoffensives pour notre santé. Alors, prêts à retrousser vos manches ?