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Devenir son propre patron, qui n’en a pas rêvé ? Beaucoup appréhendent de devoir créer une entreprise à partir de zéro. Inutile d’attendre l’idée de génie : il est possible aussi de reprendre une société existante. Et ils ont d’ailleurs l’embarras du choix : chaque année, des milliers d’entreprises changent de main…

Reprise d'entreprise : à la recherche de la pépite

L’entrepreneuriat a la cote. Dans le domaine particulièrement florissant du numérique, Criteo, Vente Privée et autres BlaBlaCar font rêver. Mais la création de société n’est pas la seule voie possible : tous les ans, environ 6.500 patrons de PME de 5 à 100 salariés se cherchent un successeur. C’est l’opportunité de la reprise d’entreprise amplifiée par le "papy-boom", les deux tiers des cessions s’expliquant par le départ à la retraite du dirigeant.

Pugnacité et conviction

Reprendre une entreprise est un travail de longue haleine, à plein temps. Patience et ténacité sont de rigueur pour qui veut dénicher la bonne affaire. "Les pépites sont rares et les repreneurs en concurrence les uns avec les autres pour le rachat. Une "belle boite" se fera aisément approcher par plus de vingt personnes" prévient Bertrand Carrot de l’association CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires). Pour se distinguer de ses rivaux, le repreneur en herbe devra faire étalage de ses compétences mais surtout, séduire le cédant. "Afin que les négociations aboutissent, il faut qu’il y ait un "fit" entre les deux personnes, qu’elles se comprennent et qu’elles sentent qu’elles peuvent se faire confiance" analyse Bertrand Carrot.

De vraies success stories

Dans la reprise comme dans la création d’entreprise, les success stories ne manquent pas. Une transmission réussie peut tout simplement faire changer de dimension une PME. Alain Blondel peut en témoigner. Fort d’une longue expérience dans les cosmétiques, le cadre dirigeant s’est jeté dans le grand bain en 2011 en reprenant la société SIMP, qui fabrique des petites pièces industrielles pour des groupes comme L’Oréal ou Givenchy. "Le dirigeant précédent était arrivé au bout de sa logique. Il avait rendu l’entreprise très rentable mais ne souhaitait pas la faire grandir davantage" raconte-t-il. Pour dépoussiérer la pépite, le repreneur avait en tête un plan d’attaque clair : innover et mettre le cap sur l’international. Dès les premières semaines à la tête de la société, il monte une nouvelle équipe dédiée au développement de nouveaux produits et embauche 5 personnes. "Nous consacrons 8 à 10% du chiffre d’affaires aux investissements, un effort indispensable si nous voulons garder un modèle industriel compétitif" précise le patron. En parallèle, il active ses contacts à l’étranger hérités de ses jobs précédents.

Résultat : les ventes et les effectifs ont quasiment doublé en cinq ans, sur fond de crise économique et de désindustrialisation en France. Voyant la tournure que prenaient les événements, le cédant est même revenu au capital au bout de quelques mois. Une seconde jeunesse pour son "bébé" !