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Vous l’avez peut-être remarqué : sur les pistes de ski, le casque est devenu la norme. Depuis 20 ans, les équipements des pistes et des vacanciers ont évolué. De quoi améliorer la sécurité, même s’il reste encore à faire.

D’après l’association Médecins de montagne, le casque est devenu la norme sur les pistes. Il se retrouve sur la tête de 98% des enfants en 2015 (contre 15% en 1995). Et les adultes s’y mettent aussi de plus en plus : ils seront entre 55 et 60% à porter un casque en 2016 contre 44% en 2014. Une évolution en harmonie avec celles des stations de ski, de plus en plus protectrices des usagers. En 20 ans, les normes Afnor des domaines skiables ont imposé une augmentation considérable des installations sur les pistes : fléchages, filets aux bords des à-pics, matelas autour des poteaux, signalisation des dangers…

98% des enfants portaient un casque de ski en 2015

Les limites de l’équipement

"Nous dépassons de très loin les normes de nos voisins italiens et autrichiens" souligne Laurent Reynaud de l’association des Domaines skiables de France. Et ce n’est pas sans résultat. En 10 ans, les stations ont enregistré une hausse de 10% de leur fréquentation (de 50 millions à plus de 55 millions de journées de ski) pour un nombre d’accidents stable (50 000 interventions de secours par an). Faut-il donc davantage d’équipements pour toujours diminuer le nombre des blessés à ski ? Ce n’est pas l’avis de Laurent Reynaud : "La marge de progression vers moins de blessés ne se fera pas avec des innovations techniques ou de nouvelles normes mais dans l’apprentissage des bons comportements par les usagers". Joris Frère, de Médecins de Montagne renchérit : "les skis paraboliques ont contribué à la démocratisation du ski et les pistes mieux damées sont plus favorables à la vitesse… Or, au-delà d’une certaine vitesse, le casque ne vous protège plus".

Pas de police des neiges

Renaît donc le débat sur les attitudes des skieurs et les règles de bonnes conduites. En 1997 déjà, l’ancienne championne du monde de descente Marielle Goitschel avait vertement attaqué le comportement dangereux des "nouvelles pratiques" comme le surf ou les skis paraboliques. Elle préconisait une réglementation très stricte, avec des parcs pour les snowboards, des pistes interdites aux skieurs selon leur niveau et la possibilité de retirer le forfait d’un skieur imprudent. L’histoire n’a pas donné raison à la descendeuse : les "nouvelles pratiques d’hier" sont devenues communes et, en 2015, il n’existe toujours pas de "police des pistes" ! En définitive, c’est aux skieurs d’être les acteurs de leur sécurité. Les différents acteurs comme les domaines skiables et l’Ecole du ski français commencent un travail de sensibilisation et adoptent pour cela les codes du web, comme le Domaine Skiable du Grand Massif qui a lancé en 2014 Skizzz, une série de dessins animés sur Youtube et dont le personnage principal apprend à bien se comporter sur les pistes. Passera-t-on bientôt un permis de skier ?

Skizzz - Episode 1 - Prévention des chutes sur les télésièges