Publié le

Les communautés pauvres des pays du Sud sont les plus menacées par le dérèglement climatique. Pour les aider à s’en sortir, les ONG les sensibilisent à de nouvelles méthodes de travail.

Saviez-vous que la plantation de mangroves dans le littoral asiatique permettait de diviser jusqu’à 50 le nombre de victimes en cas de tsunami ? Ce précieux écosystème, favorable aussi aux espèces animales, joue un rôle crucial lors des catastrophes naturelles car il "casse" les effets du vent et des vagues. Fort de ce constat, l’association internationale CARE a lancé un programme de plantation de mangroves sur 80 hectares dans la province de Tanh Hoa au Vietnam, qui a bénéficié à 90.000 personnes.

Les pauvres, premières victimes du changement climatique

Ce type d’initiative est bienvenu face aux défis environnementaux qui se posent à la planète. Inondations, tsunamis, sécheresses, vagues de chaleur… Les "événements climatiques extrêmes" se multiplient. Or les études montrent que ce sont les populations les plus pauvres des pays du Sud qui paient le prix fort, car le dérèglement climatique affecte lourdement leur activité agricole. Un exemple ? Le delta du Mékong : dans cette région du Vietnam qui dépend de la culture du riz, une élévation de la mer de 30 centimètres fait baisser la production d’environ 11%. Dans certaines zones, ce sont des communautés tout entières qui risquent de disparaître. En Inde, le dérèglement de la mousson oblige les populations aborigènes Adivasi, qui autrefois vivaient de l’autoconsommation, à migrer vers Pondichéry pour trouver d’autres sources de revenus. Or "ces populations se font mal assimiler par les tissus urbains" alerte Amaury de Warenghien, directeur financier de la société AXA France, partenaire de l’association CARE. L’Etat indien a bien conscience du problème mais "sur 100 dollars d’aide gouvernementale, seulement 10 parviennent aux bénéficiaires" poursuit-il.
La corruption est passé par là…

Le changement par les femmes

Des ONG tentent de pallier ces insuffisances. Elles interviennent sur place, auprès des peuples indigènes, en les formant à de nouvelles méthodes de culture. Ainsi, le peuple Adivasi apprend à semer de nouvelles variétés de riz et des techniques agricoles comme les "5%" – le paysan laisse 5% de sa terre cultivable au repos, cette portion servant à capter de l’eau qui permettra d’irriguer en cas de sécheresse prolongée. Ces initiatives ciblent prioritairement les femmes : "elles sont plus ouvertes à la nouveauté que les hommes" observe Philippe Lévêque, directeur général de CARE France.

Reste que tous ces programmes, aussi louables soient-ils, ne fonctionnent que dans la durée. "Renoncer à 5% de sa culture, quand on a seulement quelques mètres carrés de terre, c’est contre-intuitif. Il s’agit d’un pari sur l’avenir. Nous devons démontrer aux paysans que cela vaut le coup, et cela prend du temps" décrypte Philippe Lévêque. Plusieurs années sont souvent nécessaires pour que ces innovations soient expérimentées, testées et se répandent au sein de la communauté. Un travail de longue haleine, mais qui finit par payer.