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La nuit, c’est la moitié de la vie ! Mais cette obscurité si précieuse tend à disparaître sous les néons de l’éclairage artificiel : c’est la pollution lumineuse. Elle modifie les biorythmes et a une vraie répercussion sur notre bien-être et notre santé. Pourtant des solutions existent et commencent… à voir le jour.

Vous l’avez peut-être remarqué en revenant tard d’une soirée : dans certaines grandes villes, les oiseaux chantent la nuit, sous un ciel de peu d’étoiles… Pourquoi les merles ont-ils pris goût aux aubades nocturnes ? Se moquent-ils des fêtards qui cherchent un taxi ? Ce serait en fait dû à la pollution lumineuse. Ce terme apparu dans les années 80 désigne l’ensemble des nuisances lumineuses qui affectent les écosystèmes, animaux et humains. Moins dangereuse pour la santé que la pollution de l’air ou de l’eau, elle fait pourtant l’objet d’alertes de plus en plus fréquentes. En 1992, l'UNESCO consacrait, dans sa déclaration des droits pour les générations futures, un volet spécifique au droit et à la conservation du ciel et de sa pureté. L’ONU, elle, travaille à faire reconnaître le ciel étoilé comme "patrimoine commun de l'humanité".

Flore, faune, humains : tous concernés !

Mesurée par l’échelle de Bortle, qui évalue la qualité du ciel noir, la pollution lumineuse ne cesse de se développer et ses conséquences sont multiples. La présence de halos lumineux près des métropoles perturbe la faune, déloge les animaux de leur habitat, modifie leurs zones de chasse. Mêmes effets néfastes sur les oiseaux migrateurs : éblouis par la clarté des villes, ils ne perçoivent plus d’étoiles visibles dans le ciel nocturne et sont désorientés. Un million d’entre eux en mourraient chaque année. Egalement touchés, les insectes, les chauves-souris, les escargots, les tortues marines…

Chez l’homme, les effets sur la santé sont également à prendre au sérieux. Troubles du sommeil, mais aussi obésité, selon un rapport de l’université d’Aberdeen publié en 2012 par le Dr Cathy Wyse : en modifiant notre rythme circadien naturel, la lumière artificielle augmenterait de façon considérable les risques de surpoids et de diabète. D’autres études font aujourd’hui le lien entre pollution nocturne et cancer.

Des solutions chez soi et à grande échelle

On estime qu’au niveau mondial, l’électricité destinée à l’éclairage représenterait jusqu’à 19% de la consommation totale d’électricité, mais également 5% environ des émissions de gaz à effet de serre. Des solutions existent, à tous les niveaux, individuel comme collectif, pour maîtriser cette inflation lumineuse. L’enjeu étant simplement de savoir mieux éclairer ! Les devantures des boutiques méritent-elles d’être sans cesse allumées ? L’éclairage public peut-il être réduit dans certaines zones ? Du côté du sommeil humain, les sources lumineuses dans les chambres peuvent aussi être diminuées ou supprimées…

En France, comme dans de nombreux autres pays, des dispositions sont prises, établissement de normes techniques spécifiques pour les éclairages, interdictions temporaires pour certains types d’émissions lumineuses… Une lutte à intensifier pour que tendre reste la nuit.