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Et si le meilleur allié des entreprises dans la lutte contre le piratage internet portait un uniforme? Face à ce fléau de plus en plus menaçant, les moyens et compétences des forces de l’ordre, police comme gendarmerie, se renforcent. Explications.

Loin des mers, c’est sur le net que certains pirates surfent à la recherche de butins. Le coffre-fort convoité ? Le compte en banque ou les données sensibles des sociétés. Comment l’ouvrir ? Grâce à la cyberattaque, qui permet d’entrer par effraction dans le système d’information des entreprises. Ces attaques se sont multipliées en France en 2015.

"En France, les entreprises ont subi en moyenne 21 incidents de cybersécurité par jour en 2015. Les incidents ont donc augmenté de 51% au cours des 12 derniers mois dans l’Hexagone, tandis qu’à l’échelle mondiale, ils ont enregistré une hausse de 38%", explique Philippe Trouchaud, associé chez PwC, qui publie régulièrement un baromètre sur la cybersécurité.

Pourquoi tant de haine ?

Les grands groupes ont déjà réagi et largement recruté pour se défendre. Mais pour les petites entreprises, c’est un autre sujet : dans un cas sur deux, le dirigeant s’occupe lui-même de la gestion des ressources informatiques, ce qui en fait des cibles vulnérables. Le cas le plus courant ? Les pirates volent leurs données – souvent les informations bancaires de leurs clients – qu’ils revendent ensuite sur le marché noir. Des coordonnées bancaires récupérées illégalement sur un site de e-commerce peuvent ainsi se vendre jusqu’à 45 dollars l’unité à d’autres escrocs spécialisés dans les fraudes bancaires. "Ce marché du cyber-crime est le motif principal de l’augmentation des cyberattaques" note Raj Samani, CTO de Intel Security en Europe.

Les forces de l’ordre du web

Face à ce danger croissant, les sociétés victimes de fraudes peuvent joindre… les forces de l’ordre. C’est à la gendarmerie qu’est prise la déposition mais c’est là aussi que l’on va lutter contre l’attaque et refermer la faille informatique qui l’avait rendue possible. Depuis 2002, la gendarmerie dispose en effet de 200 enquêteurs dédiés, les N-Tech. Ces derniers, formés et affectés dans des brigades spécialisées, travaillent sur des cas allant du démantèlement de réseaux pédophiles aux vols de données des entreprises. Des ressources bien utiles dans ces cas de cyberattaques. Mais aussi en amont : la gendarmerie propose ainsi des services et des conférences de sensibilisation des salariés des petites entreprises, ainsi qu’un audit du système d’information gratuit afin d’en détecter les brèches. Cette vérification se base notamment sur les attaques "à la mode", au vu des tendances qui se dégagent de l’ensemble des dépôts de plaintes. Certes, le niveau de service n’est pas le même que celui de sociétés de conseils spécialisées, mais suffit à limiter de façon conséquente la vulnérabilité des PME. A bon entendeur…

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