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Une imprimante programmée pour cesser de fonctionner au bout de 2 ans, un robot mixeur qui s’arrêtera de tourner après 500 utilisations… Les soupçons d’obsolescence programmée pèsent sur de nombreux produits. Et l’impact sur l’environnement s’avère désastreux. Explications.

Qui connait le cartel de Phoebus ? C’est pourtant sous ce sobriquet que l’on recense le premier acte d’obsolescence programmée en Europe. Dans les années 1920, les fabricants d’ampoules s’entendirent en effet pour faire baisser la durée de vie des ampoules.
Aujourd’hui, on parle d’obsolescence programmée : une action qui vise à réduire délibérément la durée de vie d’un bien afin d’inciter le consommateur à l’acheter à nouveau Une dérive désormais mieux connue du grand public. Machines à laver, Smartphones, imprimantes, voitures, téléviseurs sont parmi les exemples de produits où des abus des fabricants ont été délit inscrit dans la loi sur la transition énergétique depuis juillet 2015**.

Un impact écologique désastreux

Au-delà des abus dont sont victimes les clients (le Centre Européen de la Consommation parle d’une "dérive de la société de consommation"), l’enjeu est aussi environnemental : surenchère de fabrication et de la pollution qui va avec, épuisement des ressources naturelles du côté de la création des produits ; difficulté, voire incapacité à recycler la majorité de ces équipements à l’autre bout de la chaîne… Les DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) à la fois trop volumineux et complexes à recycler, s’entassent. 70% de ces déchets seraient enfouis ou incinérés, et non pas recyclés.

Si l’on ajoute à ce sombre tableau les autres formes d’obsolescence, comme le Repair Café, où l’on répare ses objets plutôt que les jeter. Des initiatives qui trouvent de plus en plus d’adeptes.

L’obsolescence écologique et ses paradoxes

Les instances gouvernementales ou européennes se montrent également proactives, à travers notamment la notion d’obsolescence écologique. L’idée est simple : encourager les consommateurs à s’équiper de biens plus propres, plus écologiques et également plus économes pour le particulier. C’est le principe de la "prime à la casse" défendue il y a quelques années par l’Etat français, pour favoriser l’acquisition de véhicules propres, ou le programme de changement des ampoules initié en 2009 par la Commission Européenne. Ces incitations, qui ont rencontré plus ou moins de succès, ne font cependant pas l’unanimité.

Il est bien a priori "écologique" de s’équiper de nouveaux objets consommant moins d’énergie. Mais ces mesures incitent en même temps les consommateurs à jeter des produits encore fonctionnels, dont beaucoup ne sont pas recyclés…

Autant d’éléments qui plaident pour plus de visibilité sur la durée de vie des produits, de réparabilité des appareils, de durée de disponibilité des accessoires, afin de permettre aux consommateurs d’acheter en meilleure connaissance de cause.