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Les objets connectés font déjà partie de notre quotidien, et les experts estiment qu’en 2020, il y en aura entre 50 et 100 milliards sur Terre* ! Ce chiffre astronomique pose la question de leur consommation énergétique et du réseau utilisé pour leurs communications. Les raisons du retour en grâce du bas débit ?

Pourquoi revenir au bas débit ?

En marge de la course à un débit toujours plus élevé pour la navigation Internet, un marché colossal est en train de se structurer autour du bas débit. Car demain, la plupart des objets de nos maisons et de nos villes transmettront des informations et il est crucial de leur permettre de communiquer entre eux sans saturer les réseaux existants, tout en consommant peu d’énergie pour assurer leur viabilité. Le bas débit semble LA solution, puisqu’il envoie justement quelques centaines de bits par seconde, ce qui est faible mais suffisant pour des applications automatisées. Ludovic Le Moan, fondateur de Sigfox, une société pionnière dans ce secteur, le confirme** "Aujourd’hui, on a de plus en plus d’objets électroniques dont il faut changer ou recharger les batteries. Tout ça à une époque où on manque de sources d’énergie. (…) Nous travaillons sur un dispositif d’objets qui fonctionnent en microwatts. Si l’on va au bout de la démarche, cela voudra dire que les objets n’auront plus de batteries, ils seront autonomes". En attendant, le bas débit offre aux appareils connectés une autonomie pouvant aller jusqu’à plusieurs années.

En 2020, les experts estiment qu’il y aura entre 50 et 100 milliards d’objets connectés sur Terre.

Cocorico pour nos réseaux

Une véritable bataille de conquête s’est donc engagée autour de ce réseau d’avenir, un créneau sur lequel la France est très bien placée. La société toulousaine Sigfox a levé 100 millions d’euros en février 2015, et a lancé en Belgique avec Engie (ex GDF-Suez) un réseau dédié aux objets connectés. Les Toulousains sont talonnés par un autre Français, Qowizio, lui aussi soutenu par de nombreux investisseurs, tandis que Bouygues Telecom, en partenariat avec le lyonnais Cycleo récemment racheté par le géant américain Semtech, déploie un réseau basé sur la technologie LoRa (Long Range), qui sera opérationnel dans 500 communes d’ici la fin 2015.

L’enjeu ? S’assurer des parts de marché suffisantes pour imposer son réseau comme la norme universelle. Lorsqu’on sait par exemple qu’EDF a prévu d’installer d’ici 2021 35 millions de compteurs intelligents Linky, on mesure le potentiel de ce marché. Qui sortira vainqueur ? La bataille du bas débit ne fait que commencer.

* Etude Cisco 2015
** 20minutes.fr