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Aujourd’hui, les claviers et souris constituent le quotidien de nombreux salariés. Fort logiquement, l’école se met au diapason de ces nouveaux outils et usages. Toutefois, ces mutations de l’enseignement impliquent une nouvelle fracture matérielle et sociale : "la fracture numérique". Quelle est telle ?

La "fracture numérique" désigne le fossé entre ceux qui utilisent les technologies de l'information et de la communication (TIC) et ceux qui ne sont pas en état de les exploiter, faute d’équipements ou de compétences. Ce concept cache deux défis : l'un lié aux moyens matériels et l'autre aux pratiques, au milieu dans lequel l'individu évolue.

Le matériel, clé d'accès à l'immatériel

En ce qui concerne le matériel informatique, les foyers Français sont plutôt bien équipés. Selon une étude publiée par l'INSEE en mars 2015, trois ménages sur quatre (77%) possèdent un ordinateur et un accès à Internet en 2013. 89% de la population est équipé d'un téléphone portable. Derrière ces statistiques flatteuses persistent cependant des disparités sociales et territoriales. Ainsi, les régions ne sont pas encore uniformément couvertes par le très haut débit. Ces lacunes se ressentent sur les écoles, rurales notamment (elles sont 16 000 à ne pas encore avoir d'accès à Internet). A ce titre, les statistiques du Ministère de l'éducation nationale sont éloquentes : en primaire, le nombre d’élèves par ordinateur est inférieur en France à la moyenne européenne (12 contre 15). A la rentrée 2014, l’Education Nationale recensait 115 000 tablettes numériques pour l’ensemble de la population scolaire (lycée, collège, écoles), soit 1 tablette pour 100 élèves !

Des initiatives pour combler la fracture

Pour répondre à ces défis, différentes initiatives pour "l'école numérique" sont lancées. Elles s'adressent notamment aux jeunes en situation de décrochage social ou scolaire, parmi lesquels les NEET (ni en emploi, ni en formation) (1). Les zones rurales sont aussi particulièrement ciblées, pour combler leur retard : depuis mi-septembre, des écoles sont équipées d'installation Internet haut-débit par satellite dans le cadre du plan France très haut débit lancé au printemps 2014. Ainsi raccordés, les établissements scolaires bénéficient d’un champ pédagogique considérable : tableaux ou tablettes numériques, vidéos pédagogiques, documents administratifs ou exercices en ligne… Enfin, le gouvernement envisage d’intégrer des cours de code et de programmation dans les programmes scolaires à partir de l’école primaire, permettant à tous de bénéficier d’un socle numérique commun.

Un atout pour tous... et hors des frontières

Mais la rupture technologique du numérique n’est pas qu’une fracture. C’est aussi une opportunité. Dans certains pays en développement, l’ère numérique doit permettre un accès au savoir bien supérieur, et comblé en partie le retard d’équipement des écoles. Un téléphone mobile peut devenir une véritable bibliothèque, quand les livres sont parfois si rares. Ainsi, selon étude de l’UNESCO, la technologie mobile peut développer l’alphabétisation et l’apprentissage dans les communautés défavorisées autour du monde. Réduire la fracture numérique en même temps que les différences d’accès à l’éducation entre les pays ? Le défi mondial est de taille.

Nouvelle école : comment lutter contre la fracture numérique

Crédit photo : Alban Biaussat/Collateral Creations/Groupe BEL/Picturetank

(1) Le terme NEET, de l'anglais "Not in Education, Employment, or Training", désigne la proportion de jeunes de 15 à 29 ans, qui n'ont pas d'emploi ni ne suivent d'études ou de formation. Début 2013, le CAE (commissariat auprès du Premier ministre) a dénombré près de 1,9 million de jeunes NEET, dont 900 000 sans aucun diplôme.