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Hollywood n’a pas attendu les initiatives des GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon), des grands laboratoires pharmaceutiques ou encore d’Elon Musk pour imaginer la médecine de demain. La preuve par quatre films qui ont préfiguré, à leur manière, quelques-unes des grandes évolutions actuelles.

Quand l’impression 3D imprime des êtres humains

À l’écran – Dans Le Cinquième Élément (Luc Besson, 1997), il n’est pas question d’imprimer de simples prothèses par la grâce de l’impression 3D… mais rien de moins que l’héroïne, Leeloo, dont le corps est reconstruit (ou plus exactement bio-imprimé) à partir de sa main. Après tout, on n’arrête pas le progrès !

Dans la vie – Si l’impression 3D d’un foie ou d’un cœur n’est pas d’actualité, celle de tissus humains est bel et bien une réalité ! Des chercheurs américains ont mis au point une imprimante 3D capable de recréer du muscle, du cartilage ainsi que de l'os à base de cellules-souches humaines. D’autres travaillent sur la création de substituts de peau à destination des grands brûlés.

Réparer les accidentés et les malades grâce à l’impression 3D constituerait un progrès majeur qui ne doit toutefois pas occulter de sérieuses questions. En effet, si l’organe implanté s’avère défectueux ou présente un défaut de fabrication, vers qui devront se retourner la "victime" ou ses proches ? L’imprimeur ou le concepteur du modèle ?

Quand des robots pratiquent des opérations

À l’écran – Dans Prometheus (2012), Ridley Scott met en scène un robot pratiquant une opération afin d’extraire un corps étranger du ventre d’un des personnages. Désinfection et sutures incluses. Non mais !

Dans la vie – Les robots chirurgiens existent déjà. Saviez-vous que 60% des opérations de la prostate sont d'ores et déjà réalisées avec le robot-chirurgien Da Vinci ? Plus avancé encore, un robot autonome a réussi à suturer deux parties de l'intestin d'un porc, une opération délicate.

En revanche, à la différence de la science-fiction, il n’est pas question de se passer de l’expertise du professionnel : qu’il pilote le robot, le programme ou le supervise, un "vrai" chirurgien reste aux commandes. Sans compter que, comme tout objet technologique et connecté à un réseau, le robot peut être sujet à des défaillances techniques ou encore des cyberattaques, ce qui rend l’expertise humaine tout bonnement indispensable.

Quand l’exosquelette articule un corps augmenté

À l’écran – Malade, le héros d’Elysium (Neil Blomkamp, 2014) se déplace grâce à un exosquelette, une armature qui reproduit les mouvements du corps humain pour pallier ses faiblesses. Mais comme on parle de Matt Damon, il finit par gagner à la fin (ou presque).

Dans la vie – Là encore, la réalité rattrape la fiction. Qu’ils permettent aux personnes en situation de handicap de remarcher ou de réduire la pénibilité au travail, les projets permettant d’"augmenter l’homme" sont déjà en développement. Certains contribuent par exemple à faciliter la rééducation tandis que d’autres remplacent les membres paralysés ou amputés par leur équivalent bionique.

À l’avenir, l’exosquelette sera peut-être capable d’augmenter l’homme à l’infini, réalisant la promesse du transhumanisme. Voilà qui pose de nombreuses questions. Le remplacement de parties du corps fonctionnelles sera-t-il effectué sur la base de la nécessité médicale, ou bien pour plus de confort ou performance ? Dans ce cas, les individus "non augmentés" seront-ils désavantagés au quotidien, ou encore pénalisés dans leur accès ou le remboursement de leurs soins ? Ce n’est rien de moins qu’une question d’égalité qui est en jeu.

Quand la data nous donne notre état de santé

À l’écran – Dans The Island (Michael Bay, 2005), sommeil et urine du héros sont analysés en temps réel et transmis à un professionnel de santé. Ce dernier prend alors les actions nécessaires (régime alimentaire…) pour le maintenir au top de sa forme. On dit merci qui ?

Dans la vie – Aujourd’hui, nombre d’objets connectés dressent le profil de leur utilisateur. Une fois regroupées, les données récoltées pourraient alerter sur l’apparition future de pathologies liées à l’alimentation, à l’activité physique, au sommeil… Une entreprise japonaise a par exemple développé des toilettes proposant un rapide check-up mesurant, entre autres, le taux de sucre ou la température de l’urine.

Cette révolution a un nom : le quantified-self ("la mesure de soi"). Elle entend bouleverser notre rapport à la santé en passant d’une logique curative a posteriori vers une logique préventive a priori. En d’autres termes, il ne sera plus tant question de savoir comment se soigner lorsque l’on est malade, mais plutôt de savoir comment rester en bonne santé jour après jour. Ceci impliquerait également de la mise en place de mécanismes incitatifs afin de favoriser les "bons comportements".

Si les avancées de la science rejoignent la fiction, permettront-elles bientôt de considérer la mort comme une maladie comme une autre, comme le suggérait le héros de l’ambitieux The Fountain (Darren Aronofsky, 2006) ? Dans cette optique, le caisson régénérant d’Elysium, qui met fin aussi bien à l’usure du corps qu’aux maladies, cancers ou membres cassés, prend une résonnance particulière. D’autant plus qu’en lançant "Calico", une entreprise dont l’objectif est de s’attaquer au défi "de l’âge et des maladies associées" et de prolonger l’espérance de vie, Google semble bien prêt à relever ce défi…

Crédit photos : 3alexd / iStock