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Grâce aux technologies Big Data capables de traiter d’énormes volumes de données, les médecins sont mieux armés pour diagnostiquer les maladies et endiguer les épidémies.

Les héros de 2014 sont, d’après le magazine "Time", les médecins, infirmiers et bénévoles qui ont combattu le virus Ebola en Afrique. A des milliers de kilomètres de là, une startup innovante a elle aussi contribué à sauver des vies. Neuf jours avant l’alerte officielle de l’OMS, la société bostonienne HealthMap observait déjà la propagation du virus en Guinée grâce à l’analyse massive d’informations diverses provenant de compagnies aériennes, de sites Internet comme Twitter et de bulletins sanitaires publics. La startup américaine s’est spécialisée dans l’utilisation des "Big Data"* pour détecter l’apparition d’épidémies et suivre leur propagation en temps réel : Ebola mais aussi paludisme, grippe H1N1, etc. Un outil particulièrement précieux pour les autorités sanitaires en cas d’urgence.

300 000 tweets et 250 Go pour repérer les foyers d'infection

Chaque minute, le monde génère environ 300.000 tweets et 250 giga-octets d’informations sur Facebook : une véritable mine d’informations pour repérer les foyers d’infection… à condition d’avoir les capacités de traitement adéquates. C’est tout l’enjeu des technologies "Big Data" qui décryptent en temps réel des quantités de données considérables. D’après le ministre nigérian des technologies, l’analyse des médias sociaux aurait permis de diminuer de 75% le délai d’intervention lorsqu’une personne contractait Ebola. Des milliers de vies ont ainsi été épargnées.

Au sein-même des hôpitaux et des centres de recherche, les Big Data deviennent également indispensables. L’hôpital pédiatrique de Toronto au Canada, par exemple, a développé une plateforme informatique qui surveille en temps réel les paramètres médicaux des enfants prématurés. "Des capteurs posés sur les bébés récupèrent les données vitales (battements de cœur, fréquence respiratoire…) que le système analyse en continu et compare aux diagnostics passés. Cela permet de gagner jusqu’à 24 heures dans la détection de problèmes" explique Patrice Poiraud, ingénieur chez IBM. L’enjeu est de taille : d’après l’Université d’Ontario, un quart des bébés prématurés développent des infections, dont 10% s’avèrent mortelles. La plateforme développée à Toronto a pour vocation d’être étendue à d’autres hôpitaux dans les années qui viennent. De quoi rassurer les futures mamans.

*Big Data : équipements et logiciels informatiques capables d’analyser en temps réel un grand volume de données et d’en tirer des corrélations.