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Les objets connectés ouvrent tout un champ d’innovation aux inventeurs. Christophe Havard est l’un d’eux, qui a créé Balloons, un objet connecté développé lors du challenge Zone 61 organisé par Microsoft et AXA France. Il revient sur la genèse de ce projet.

Quelles aptitudes ou connaissances faut-il pour créer un objet connecté ?

Il faut avant tout oser prendre quelques risques et être doté d’un bagage technique minimum. En ce qui me concerne, je suis programmeur. Plus précisément, j’ai 27 ans et suis diplômé d’une école d’ingénieur avec une spécialité en développement de logiciels. En sortant d’école, j’ai créé mon entreprise pour fabriquer des tables tactiles interactives. Les expériences se sont ensuite enchaînées : on monte une boîte, on réussit, on échoue, on apprend de ses erreurs, et on recommence. L’envie de créer finit toujours par reprendre le dessus.

Je n’ai pas besoin de grand-chose, je voudrais juste savoir que l’on pense à moi.

Comment l’idée d’un un objet connecté germe-t-elle ?

En premier lieu, elle vient de mon expérience. Par exemple, concernant Balloons, j’ai passé près d’un an à l’étranger, loin des gens que j’aimais. J’aurais voulu disposer d’un moyen moins froid que le courriel pour leur dire que je pensais à eux. Quand je suis rentré en France à la fin de l’année 2014, ma grand-mère de 83 ans, qui vit en région parisienne, me disait souvent : "je n’ai pas besoin de grand-chose, je voudrais juste savoir que l’on pense à moi". L’idée à fait son chemin. Mon objectif était alors devenu de créer un objet qui permette de témoigner de l’affection à des gens éloignés, de manière intuitive.

En quoi consiste cet objet connecté ?

Nous avons développé une application mobile. Quand je rentre dans le métro et que je pense à quelqu’un, disons ma grand-mère, je sors cette application et je lui dis : "je pense à toi". Alors, la lampe connectée que l’on a fabriquée et donnée à ma grand-mère s'anime et s'illumine. Par le seul fait de toucher l'objet, elle peut, à son tour, m’envoyer un message -"moi aussi je pense à toi"- que je reçois sous la forme d’une notification. Cet objet créé un lien entre deux personnes à un instant "t".

TechDays 2015 - Christophe Havard, Finaliste Hackathon Zone 61 (Vidéo iTPro.fr)

L’idée a ensuite été développée dans le cadre d’un hackhaton , un rassemblement bien pratique pour tester la viabilité d’une idée…

Tout à fait. Sur place, j’ai recruté une équipe de quatre personnes et l’aventure a démarré. Nous nous sommes retrouvés pour un week-end à l’issue duquel nous avons obtenu le coup de cœur du jury. Lors de la finale, AXA, co-organisateur du hackaton, nous a signifié son intérêt à nouveau. Nous avons alors travaillé pendant 61 jours pour mettre au point Balloons d’un point de vue technique et développer le volet marketing.

Avez-vous pensé à d’autres idées d’objets connectés que vous aimeriez développer ?

J’ai beaucoup d’idées. Il y a tellement de choses à faire dans ce domaine. J’ai pensé notamment à des mugs connectés. Toujours pour ma grand-mère ! Elle pourrait disposer par exemple d’un mug qui émette un signale quand elle a atteint sa dose quotidienne de caféine. J’aimerais aussi créer des objets qui transmettent des pensées ou des idées. Je préfère les objets à fonction unique. C’est, à mon avis, la clé de la réussite dans ce secteur.

Le champ des possibles semble être immense ?

Du fait de l’évolution de la technologie, le champ est en effet immense. L’électronique et la création de prototypes sont de plus en plus abordables et ne représentent plus vraiment un obstacle. Cela permet de prototyper soi-même.

La France est elle bien placée sur ce marché ?

Elle est bien placée car les Français sont réputés pour avoir beaucoup d’idées et aimer innover. Il y a beaucoup de jeunes entreprises françaises dynamiques. Les moyens financiers ne sont, en revanche, pas toujours à la hauteur. Quand on propose, en France, une bourse de 5 000 euros, aux Etats-Unis, l’enveloppe est vingt fois plus élevée.

Les entreprises en France ont-elles saisi le tournant que représentent les objets connectés ?

Pas encore, pas totalement. Et comme pour tout virage d’innovation, il va falloir qu’elles s’en donnent les moyens si elles veulent fabriquer et vendre des objets connectés.

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