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En 2013, le Danemark s’est vu décerner le prestigieux Prix international du WWF "Un cadeau pour la terre" qui récompensait l’exemplarité de la politique climatique du pays. Les recettes danoises pour chasser le C02 devraient susciter un intérêt croissant des pays industrialisés à la veille de la Cop 21.

Encourager l’éolien

Au lendemain du premier choc pétrolier, la flambée du prix de l’or noir et la réticence de la population vis-à-vis du nucléaire ont conduit le Danemark à se tourner vers les énergies renouvelables. Vers l’éolien en particulier, secteur dans lequel il a très vite joué un rôle pionnier. Le Danemark est aujourd’hui le pays européen le plus densément équipé. Celles-ci couvraient, l’an passé, 39 % de la consommation électrique du pays (contre 3,7% en France). A l’horizon 2050, le pays devrait se libérer complètement des énergies fossiles pour ne plus compter que sur les renouvelables. "Ce mouvement en faveur de l’éolien est venu de la base, des citoyens. Mais il a été soutenu par l’Etat", souligne Hanne Jersild, conseillère en charge des questions liées à la politique énergétique et climatique au WWF Danemark. Le parc éolien offshore de Middlegrunde par exemple, situé à deux kilomètres des côtes de Copenhague, appartient pour moitié à une coopérative citoyenne.

Verdir le chauffage urbain

Autre bonne idée : une gestion du chauffage urbain. Apparu dans les années 1920, le réseau de chauffage urbain a connu une très forte progression depuis les années 1970. C’est un des points forts du modèle environnemental danois et l’une des clés pour comprendre la baisse des émissions de dioxyde de carbone. En effet, celui-ci fournit en chauffage et en électricité plus de 60% des immeubles du pays et 98% de ceux de Copenhague. Nourries presque exclusivement au fioul domestique et au charbon dans les années 1970, elles se sont peu à peu converties au gaz naturel puis à la biomasse (pellets, copeaux de bois et paille). En 2025, le réseau de chauffage urbain de la capitale devrait être alimenté uniquement par de la biomasse et des déchets ménagers recyclés.

Ce mouvement en faveur de l’éolien est venu de la base, des citoyens. Mais il a été soutenu par l’Etat.

Faire des habitants des villes les rois du Vélo

La petite Reine est la meilleure amie des Danois, et c’en est même une image d’Epinal. Ses bénéfices ne sont plus à prouver tant pour les individus (réduction du bruit et de la pollution, amélioration de la condition physique et de la santé) que pour les pouvoirs publics qui luttent contre les émissions de C02. A Copenhague, la municipalité ne cesse d’étendre son réseau de pistes cyclables qui devrait passer de 369 kilomètres en 2010 à 482 km en 2025. Aujourd’hui, plus de 35% des habitants de la capitale se rendent au travail ou sur leur lieu d’étude à bicyclette.

Taxer la pollution pour accompagner la transition

Le Danemark est le pays européen qui dispose de la batterie la plus complète de taxes environnementales, tant dans le secteur de l’énergie que dans celui des transports. Leur progression a été indolore pour la population car elle s’est accompagnée d’une baisse de la pression fiscale sur le travail et les prestations sociales.

Booster les clean tech, moteurs de l’économie

"Il est possible de conjuguer réduction des émissions de gaz à effet de serre et croissance économique. Au Danemark : la croissance économique a continué de progresser depuis 1990 alors que nos émissions de C02 ne cessaient de baisser", explique Jarl Krausing, directeur international de Concito. La croissance verte est le moteur du développement d’entreprises comme Vestas et Siemens, les leaders de l’industrie éolienne mais aussi de Danfoss, Novozymes, Rockwood et Velux, les autres fleurons des cleantech danoises. Plus de 56 000 emplois ont été créés ces dernières années dans le seul secteur de l’énergie. Aujourd’hui, la Chine, notamment, fait appel à l’expertise danoise pour mieux intégrer les énergies renouvelables dans son mix énergétique.

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