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En octobre 2015, Jaccede.com faisait partie des 4 lauréats du Google Impact Challenge France, qui récompense des projets ayant un impact positif sur le monde. Ce guide collaboratif (site et application mobile) né en 2006, recense près de 75 000 lieux accessibles aux personnes à mobilité réduite (PMR), qui représentent un tiers de la population. Damien Birambeau, son fondateur, nous parle de ce projet d’utilité sociale.

Le principe de Jaccede semble tellement tomber sous le sens… Comment vous est venue cette idée lumineuse ?

Elle a germé dans mon esprit lors d’un voyage aux Etats-Unis. Je suis en fauteuil roulant depuis l’âge de 10 ans, et là-bas, je trouvais des lieux qui m’étaient enfin accessibles ! J’ai ressenti une immense impression de liberté, alors qu’en France le manque d’accessibilité m’empêchait de faire beaucoup de choses. Plus tard, avec le développement d’Internet, j’ai réalisé à quel point les nouvelles technologies pouvaient aider les PMR. En 2006, je créais donc Jaccede.com, avec pour idée de lister les équipements et commodités présents dans les lieux publics afin que chacun sache, en fonction de sa situation, s’il peut s’y rendre.

Au-delà d’un guide collaboratif, quelle est l’ambition de Jaccede ?

Jaccede a pour but ultime de créer plus de mixité entre le monde des valides et celui des PMR. Il s’agit de faire évoluer les consciences avec un message positif, citoyen et non culpabilisateur. Le problème de l’accessibilité est qu’elle est soutenue par une réglementation, ce qui lui donne un côté normatif et contraignant, alors qu’il s’agit d’une avancée sociale et citoyenne qui profite autant aux lieux accessibles qu’aux personnes s’y rendant.

Le problème de l’accessibilité est qu’elle est soutenue par une réglementation, ce qui lui donne un côté normatif et contraignant.

Que va changer le Google Impact Challenge pour vous ?

Ce prix, c’est un accélérateur pour notre plateforme. Il va nous permettre d’investir pour développer la communauté des Jaccedeurs, non seulement en France mais aussi à travers le monde : leur offrir de nouveaux outils communautaires pour coopérer et se challenger, créer des correspondants locaux, permettre à chacun de planifier sa journée de l’accessibilité… Bref, développer un véritable réseau social basé sur la gamification. Nous souhaitons ainsi passer de 75 000 lieux recensés à plus d’un million, pour augmenter encore les possibilités de sortie des PMR, mais aussi prendre toujours plus en compte tous les types de besoins : des parcours lumineux pour les mal voyants, des dispositifs audio pour les malentendants, etc.

On va donc vers plus et mieux d’accessibilité ?

Je pense que la population est de plus en plus en attente d’établissements engagés sur les questions sociales comme l’accessibilité. Les jeunes, surtout. Ils ont compris qu’il s’agissait d’une question primordiale. Nous le voyons notamment lors des sessions de team building que nous organisons avec les entreprises. D’autre part, la technologie va prendre de plus en plus de place dans l’accessibilité, avec une information plus fiable et de mieux en mieux acheminée au bon moment vers la bonne personne, avec par exemple la création d’itinéraires sur-mesure pour chaque PMR. C’est vraiment encourageant.