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Comment réussir sa campagne de crowdfunding ?

Michael Goldman a été témoin de nombreuses campagnes de crowdfunding réussies, puisqu’il est le fondateur de MyMajorCompagny, le premier site français de financement participatif. Nous l’avons rencontré et lui avons donc demandé son meilleur conseil pour réussir sa campagne, mais aussi sa vision sur l’avenir de cette nouvelle forme de financement.

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NewsToProtect (NTP) : Michael Goldman, en tant que fondateur de MMC, auriez-vous une astuce pour bien réussir sa campagne de crowdfunding ?
Michael Goldman (MG) : L’astuce principale, c’est qu’il faut que le porteur de projet soit mobilisé à 100%, c’est vraiment un full-time job : Pour réussir sa collecte, il faut se "bouger" tous les jours. C’est la recette du succès, ou en tout cas un ingrédient indispensable car ceux qui ne le font pas n’ont aucune chance de voir leur projet aboutir.
NTP : Qui faut-il chercher à convaincre en premier ? Les personnes proches du projet ?
MG : Oui, le nerf de la guerre c’est de fédérer sa communauté initiale. On parle de premier cercle. Parfois, un porteur de projet n’a pas vraiment de communauté autour de lui, autre que familial. Dans ce cas, c’est bien sa famille son premier cercle à convaincre. Mais quand on parle de premier cercle, on parle aussi de créateurs qui ont une "fanbase" de 1000, ou 2000 personnes, qui regardent leurs films ou écoutent leurs chansons. Dans ce cas, c’est cette fanbase le premier cercle.
NTP : Peut-on alors fédérer au-delà de ce premier cercle ?
MG : Oui, on peut fédérer le deuxième cercle qui est formé des amis des amis, ou le troisième cercle : le tout-venant. Mais cela dépend de deux choses : de la qualité du projet lui-même (certains ont vocation à toucher un deuxième et troisième cercle, quand d’autres sont trop personnels pour cela) et aussi de la capacité du porteur de projet à avoir convaincu le premier cercle. Ce sont eux qui seront les ambassadeurs (au près donc des second et troisième cercles) du projet.
NTP : Les artistes du web peuvent-ils vivre du crowdfunding ?
MG : Oui, du moins on l’espère ! La forme que cela peut prendre est variable. Nous avons monté une plateforme qui s’appelle Tipeee, qui s’adresse aux créateurs du web spécifiquement. Car le génie du web dans le domaine de la culture et en général, c’est sa gratuité : Le jour où les contenus seront payants, on ne pourra pas promouvoir de jeunes talents. Ça marche très bien, depuis un an, plus de 400 créateurs se sont ouvert des comptes. Il y en a une petite dizaine qui sont devenus professionnels grâce au pourboires sur internet.
NTP : Le crowdfunding est une économie en croissance ?
MG : L’activité se développe très clairement, dans le monde et en France. En 2014, le secteur a fait deux fois plus de chiffre d'affaire qu’en 2013 ; en 2015, on devrait encore doubler les chiffres de 2014. Donc oui, c’est une économie en pleine croissance et j’espère que cela va continuer !