Publié le

L’urgence, de l’aide humanitaire aux soins médicaux, c’est parfois le système D face aux besoins du terrain. Dans ce contexte, l’imprimante 3D pourrait résoudre bien des problèmes. Explications.

L’outil à tout faire

Dans les zones d’urgence humanitaire, la première préoccupation des secours est de répondre aux besoins fondamentaux de populations entassées, ayant tout quitté ou perdu : un accès à l’eau potable et à de la nourriture, de quoi dormir et permettre l’hygiène de base. Ces besoins impliquent des défis logistiques colossaux. Une solution possible : l’imprimante 3D. Cette technologie souple et de moins en moins onéreuse offre une grande rapidité de réaction. En effet, il suffit d’une imprimante, de courant électrique et de la matière "d’impression", pour pouvoir créer les objets qui font défaut… Et ils sont nombreux. C’est ainsi qu’Oxfam, une des plus importante ONG humanitaire au Royaume-Uni, a lancé, en 2014, en partenariat avec MyMiniFactory, un concours pour créer un dispositif efficace, imprimable en 3D, pour l’hygiène des mains. "Selon une étude de Curtis & Cairncross de 2003, le simple fait de se laver les mains avec du savon réduirait les risques de diarrhées de 47%", indique Angus McBride, chercheur chez Oxfam. "Pouvoir imprimer sur place, comme dans des camps de réfugiés en Syrie, de quoi se laver les mains, c’est vital pour des groupes affaiblis".

L’armée comme laboratoire

L’armée, qui a souvent joué le rôle d’incubateur d’innovations, n’est pas en reste. Elle utilise déjà les imprimantes 3D pour répondre aux besoins "non planifiables" de ses propres troupes ou pour venir en aide aux populations. Des "expeditionary labs" ont ainsi été déployés sur des bases américaines éloignées en Afghanistan. Ceux-ci ont permis de fabriquer des équipements adaptés aux températures caniculaires ou encore de produire, sur place et dans l’urgence, des objets comme des purificateurs d’eau ou d’autres petits objets qui font la différence sur le terrain, comme des pièces de rechange de climatiseurs.

Mise en situation du concept MX3D

Imprimer des abris

Mais l’impression 3D ne se limite aux "petits objets". Des recherches pour imprimer des infrastructures sont en cours, au point que l’on parle déjà d’imprimer des ponts, ce qui ouvre de vraies perspectives pour l’urgence en cas de catastrophes naturelles. MX3D, une entreprise hollandaise, a ainsi développé des robots capables "d’imprimer" des structures en acier. Elle souhaite rapidement imprimer un premier pont à Amsterdam pour prouver l’efficacité de sa solution.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Institut de recherche en Communications et Cybernétique de Nantes (Irccyn) ont mis au point Innoprint 3D, une imprimante 3D capable de construire un habitat d’urgence de 9 mètres cubes (3 mètres de hauteur sur 3 m2 au sol) en une vingtaine de minutes.

INNOprint 3D : Construction d'un habitat d'urgence avec une imprimante 3D

Imprimer des greffons pour sauver des vies

Outils et pièces de rechange, infrastructures… Et qu’en est-il du domaine médical ? L’impression de tissus vivants utilisables en chirurgie se développe elle aussi. La société Organovo, appuyée par des chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology), a ainsi réalisé une imprimante 3D permettant de produire des tissus vivants pouvant être transplantés. Ceux-ci peuvent s’intégrer au corps humain et reproduire des fonctions organiques. Les chercheurs envisagent désormais de produire des organes complets… L’imprimante 3D serait-elle la solution à la pénurie de dons d’organes ?