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Le système de santé français est historiquement centré sur l’hôpital. Par conséquent, l’étape de retour à domicile après une hospitalisation a longtemps été négligée et insuffisamment préparée. Comment pouvoirs publics et acteurs de l’assurance peuvent-ils améliorer les dispositifs existants pour une meilleure prise en charge du patient après une hospitalisation ?

D’après une récente enquête de la Drees, plus de la moitié (56%) des personnes âgées de 75 ans et plus ont été hospitalisées après leur passage aux urgences en 2013, contre 17% pour les 15-74 ans. Mais les médecins urgentistes auraient été peut-être moins enclins à conserver les personnes âgées à l’hôpital si un véritable accompagnement pour leur retour à domicile était proposé. Alors que faire ?

Trois formes alternatives d’accompagnement

Trois principales formes d’accompagnement se développent aujourd’hui, en complément des offres "traditionnelles" que sont la rééducation en soins de suite et de réadaptation (SSR) ou encore l’hospitalisation à domicile (HAD). Il s’agit de :

  • L’accueil de jour et l’hébergement temporaire en maison de retraite médicalisée, qui sont conçus pour permettre aux personnes âgées de pouvoir continuer à vivre chez elles tout en recevant ponctuellement dans ces structures les soins que nécessite leur état.
  • Les séjours temporaires en résidence services pour seniors, qui permettent aux personnes tout juste sorties d’hospitalisation de retrouver un cadre convivial, à savoir un appartement privatif situé dans un environnement adapté et sécurisé. Les résidents y bénéficient de soins effectués par les professionnels libéraux.
  • L’aide à domicile, même ponctuelle, qui constitue un soutien bienvenu, ne serait-ce que pour s’assurer que le réfrigérateur est plein au moment du retour à domicile de la personne hospitalisée.

Les assureurs jouent le jeu via des partenariats

Si les pouvoirs publics mettent en place divers dispositifs d’aide au retour à domicile, tels que le PRADO, l’ADRH ou encore le PAERPA, les assureurs aussi jouent le jeu. Cette intervention se fait généralement via la réservation de places dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ou une clinique, soit via l’exploitation de la totalité de l’établissement. Un problème se pose toutefois : la gestion d’établissements ne relève pas à proprement parler du métier d’un assureur.

C’est pourquoi les assureurs se sont orientés vers une stratégie plus souple et plus légère, reposant sur des partenariats ciblés. En s’associant à des groupes d’Ehpad et de résidences seniors, ils apportent une solution sécurisée aux bénéficiaires qui quittent parfois l’hôpital trop tôt, ce qui multiplie les risques de rechute. L’investissement est minime et les possibilités multiples, tant sur le plan géographique que sur celui de la tarification.

Les assureurs viennent également en renfort pour compléter le catalogue de prestations des résidences pour personnes âgées. AXA Assistance a par exemple noué un partenariat avec les résidences Les Maisons de Marianne, en vertu duquel les locataires peuvent bénéficier d’un service de soutien et de dépannage d’urgence pour résoudre les problèmes qu’ils peuvent rencontrer au sein de leur logement ou avec leurs appareils ménagers.

Devenir acteurs de l’aide à domicile

Enfin, face à la préférence de plus en plus forte pour le retour à domicile par rapport aux hébergements médicalisés, les assureurs sont devenus des acteurs à part entière de l’aide à domicile.

Si peu d’entre eux disposent de leur propre service, nombreuses sociétés d’assurances mettent à disposition de leurs bénéficiaires une plateforme de conseil les guidant dans le choix d’un prestataire, ainsi qu’une enveloppe de services (livraison de courses, repas à domicile, entretien du jardin, etc.).

Car si une journée d’hospitalisation coûte cher à la collectivité, c’est aussi le cas pour les assurances. En favorisant le retour à domicile, chacun y trouve son compte !