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Le 20 janvier dernier, une centaine d’acteurs engagés dans le débat citoyen lancent #JamaisSansElles. L’objectif : faire intervenir davantage de femmes dans les manifestations sur le numérique. Soutenu par des hommes, au nom des femmes, ce mouvement confirme que l’égalité de traitement homme/femme est aussi une attente masculine.

Les femmes du num oubliées ? Bon et sinon, ça va les mecs ?

Tout est parti d’un simple Twitter. L’histoire aurait pu s’arrêter là. C’est au contraire son point de départ.

Les hommes, porteurs du changement

Suite au coup de gueule de Guy Mamou-Mani, des entrepreneurs et acteurs du débat citoyen lancent, le 20 janvier 2016, un appel relayé par le Point. Tous demandent aux organisateurs d’événements de faire intervenir davantage de femmes dans les manifestations publiques sur le numérique. Parmi les signataires initiaux : l’écrivain Alexandre Jardin, le fondateur de Rue 89 ou encore le directeur de l’ESSEC. Le mouvement #JamaisSansElles est né. Sa spécificité est donc d’être soutenue en majorité par des hommes, en faveur des femmes. #JamaisSansElles aurait-il eu le même impact s’il avait été lancé par des femmes ? Pas si sûr. Selon Tatiana F. Salomon, co-présidente du mouvement, le succès tient au fait "qu’il n’a pas été perçu comme une revendication féminine". En somme, une réussite heureuse, mais symptomatique. L’auteur Patrick Jean souligne ce paradoxe : "Les revendications portées par des femmes sont hélas souvent mal perçues. Elles aboutissent donc difficilement car nous vivons depuis plus de 2000 ans dans un monde "andro-centré", où le masculin l’emporte jusque dans le langage !".

La guerre des sexes n’aura pas lieu

"Nous vivons dans un monde à domination masculine, mais ce n'est pas forcément en [opposant les hommes et les femmes] que nous rétablirons l'équilibre. Nous associer est à mon sens la meilleure stratégie" affirmait récemment Tatiana F. Salomon dans
l’Express
. Une posture pragmatique pour lutter efficacement contre l’inégalité de traitement entre les hommes et les femmes. Allant plus loin, Jérôme Ballarin, co-auteur de "Mixité, quand les hommes s’engagent" (Eyrolles), estime que les messieurs ont tout intérêt à porter le combat de l’égalité. Et pas uniquement par humanisme désintéressé : ils ont beaucoup à y gagner. Outre une performance améliorée de leur entreprise, la mixité leur permettrait de s’investir dans d’autres sphères que celle du travail, notamment dans les sphères familiale, sportive et spirituelle...

Et #JamaisSansElles dans tout cela ? Une belle mais fugace initiative ? Pas du tout. Depuis janvier 2016, de nombreux signataires se sont ralliés à la cause, dont le député Yves Jégo et les maires Alain Juppé (Bordeaux), Philippe Saurel (Montpellier) et Jean Rottner (Mulhouse). Pour s’assurer que toutes ces résolutions ne restent pas lettre morte, le mouvement est passé à la vitesse supérieure et élabore un annuaire recensant les professionnELLEs du numérique afin de les rendre plus visibles. "Loin d’être isolée, notre initiative a fait boule de neige. De plus en plus de secteurs tels que le sport et la presse s’organisent en vue de nous imiter" se réjouit Guy Mamou-Mani.

Alors, mesdames, messieurs, à vos tweets :
#JamaisSansElles !