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Difficile à définir juridiquement, le harcèlement dans les lieux publics fait de plus en plus souvent l’objet d’initiatives décidées à combattre le phénomène. Ce type d’agression reste en effet mal compris du grand public, et parfois des victimes elles-mêmes. Voici un vrai-faux pour faire le point sur la situation.

Entre « drague » et harcèlement, la frontière est fine.

Dès qu’il y a gêne ou refus, on sort clairement du registre de la séduction. « La frontière entre la drague et le harcèlement, elle est simple. C’est le consentement », résume une vidéo qui compare avec humour tout cela à « offrir une tasse de thé »…

Les hommes et les femmes sont autant victimes de harcèlement de rue.

En 2014, l’association Stop Street Harassment révélait que 65% des femmes américaines avaient déjà subi une forme de harcèlement contre 25% des hommes. En France, d’après une étude de l’Insee datant de 2013, 20% des femmes âgées de 18 à 29 ans se feraient injurier au moins une fois par an. En résulte un sentiment d’insécurité plus grand chez les femmes : plus de 25% d’entre elles se sentent parfois en insécurité dans leur quartier, contre 15 % des hommes*.

Les transports en commun sont le lieu de prédilection des harceleurs.

Selon un rapport remis en 2015 par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, en France, 100% des utilisatrices de transports en commun y ont subi un harcèlement ou une agression sexuelle au cours de leur vie. Un constat affligeant. Une campagne intitulée « Stop ! Ça suffit » a donc été lancée pour dénoncer et lutter contre ces comportements sexistes.

La France est un pays particulièrement touché par ce phénomène.

A l’étranger comme en France, le problème de harcèlement (de rue ou dans les transports) est courant au point que certaines municipalités séparent aujourd’hui les hommes des femmes dans les transports publics. Au Japon, où 64% des femmes âgées de 20 à 40 déclarent avoir été victimes d’attouchements dans les transports, des « trains roses » ont ainsi fait leur apparition aux heures de pointe. A New-York et en Inde, ce sont des taxis conduits par et pour des femmes qui ont été mis en place pour rassurer les passagères. Des mesures radicales, mais semble-t-il malheureusement nécessaires.

Confronté(e) à un harceleur, la seule chose à faire est de l’ignorer.

Chaque situation est un cas à part mais différentes manières de réagir face à une agression.

Le harcèlement est un phénomène en augmentation.

Selon Fanny Benedetti, directrice exécutive du Comité ONU Femmes France, « il est difficile de savoir si ces violences progressent ou si la conscience qu’en ont les femmes grandit » . D’après une enquête menée par le Comité ONU Femmes France, la difficulté reste de qualifier le harcèlementcar cette pratique regroupe aussi bien « les regards salaces, insultes, sifflements et attouchements » explique Muriel de Saint-Sauveur, auteur de l’enquête. Pour elle, le phénomène grandit car les femmes défendent de plus en plus leur liberté. « Certaines femmes d’Afrique expliquent qu’elles ont l’impression d’être de vraies proies à la tombée de la nuit, alors que ce n’était pas forcément le cas il y a quelques années ».

Face à ce type d’agression, les sanctions judiciaires sont faibles.

Il est vrai que la réponse juridique est longtemps restée imprécise. Les victimes elles-mêmes sont trop souvent ignorantes des poursuites à engager. Proférer des injures et des menaces peut pourtant valoir jusqu’à 6 mois de prison et 22 500 euros d’amende. Les agressions physiques (mains aux fesses, baisers forcés, frottements dans une rame bondée) sont quant à elles punies au maximum par 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende. Reste cependant à déposer plainte, une action bien trop rare, pourtant la seule qui permet de mobiliser des moyens efficaces d’enquête (vidéo surveillance par exemple…)

*Enquête de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales publiée en 2012

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