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"A Paris, à vélo, on dépasse les autos ?" Malgré l’enthousiasme de Joe Dassin, pas encore. Pourtant, la capitale souhaite développer la pratique de la bicyclette, et donc modifier ses routes et ses aménagements. Coup de guidon dans la politique de la ville ?

Malgré un essor croissant, le vélo ne représente encore que 5% des déplacements effectués dans la capitale, contre 13% à Berlin. Paris "capitale mondiale du vélo en 2020" est cependant une ambition politique. Anne Hidalgo, maire de la ville, souhaite transformer ses rues, dessinées à une époque où le vélo n’existait pas, afin que les Parisiens puissent se déplacer rapidement et en toute sécurité sur leur bicyclette.
Premier objectif ? Que 15% des déplacements soient à pédales. Car comme le souligne le ministère de l’Écologie dans une étude, "toute baisse des kilomètres parcourus en voiture au profit du vélo est bénéfique pour la qualité de l’air".

Un peloton de chantier

En avril 2015, la municipalité parisienne est donc passée aux actes : un budget voté de 150 millions d’euros pour financer les travaux du réseau cyclable. D’ici à 2020, la longueur des pistes aura doublé, passant de 700 km à 1 400 km. prévoit aussi des aménagements "dans le cadre de grands projets", la création de près de "10 000 places de stationnement" et d’une aide financière pour encourager les titis à s’offrir un vélo. Il faut dire que Paris n’a pas manqué d’exemples : les capitales changent pour faire plus de place au vélo.
En Europe, Copenhague a été élue en 2015 ville la plus "bike-friendly" du monde par le magazine
Wired. 150 000 cyclistes circulent quotidiennement sur les 400 km de pistes aménagées dont dispose la capitale danoise. Deuxième du classement, Amsterdam a pour sa part innové en installant en 2014 la première piste cyclable au monde recouverte de panneaux solaires. A termes, l’objectif de cet "<a href="http://www.solaroad.nl/en/" Target="_blank">Solaroad" serait de recharger, en temps réel, tous les vélos et véhicules électriques qui circuleront dessus.

Le Big Data pour être efficace

Mais au-delà de la volonté politique, il faut cerner les besoins exacts des cyclistes, leurs chemins privilégiés nécessitant des aménagements spécifiques... Pour cela, les décideurs peuvent s’appuyer sur l’exploitation du Big Data. C’est notamment ce que permet Kappo, une application pour Smartphone destinée aux cyclistes, qui analyse les données de déplacement de ses utilisateurs, et les fournit aux municipalités. Les villes sont ainsi en mesure de faire les choix les plus pertinents dans leurs aménagements.

Des cyclistes de plus en plus protégés

Tous ces travaux ont pour but de rendre la circulation à vélo facile et sûre. Car on pourrait craindre que les accidents tragiques augmentent, les cyclistes étant moins protégés que les automobilistes ou les motards. Les chiffres sont cependant optimistes.
L’Observatoire de la sécurité routière d’Île-de-France a recensé, en 2001, 1 064 victimes et 22 tués parmi les cyclistes "impliqués dans un accident de la route sur le territoire régional". En 2010, le nombre d’accident s’est "stabilisé" à 1 090 victimes et 15 tués, alors que l’usage du vélo a doublé. Cette amélioration est confirmée par le ministère de l’Écologie : "plus il y a de cyclistes en circulation, moins le risque d’accident est important". D’ailleurs, pour ce ministère, les bénéfices du vélo sur la santé "l’emportent largement (...) sur l’ensemble des risques" pris.
Alors autant s’y mettre avant 2020 : en selle !