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Lutter contre le gaspillage tout en aidant les plus démunis, c’est l’idée du foodsharing qui se développe en combinant débrouille, bénévolat et nouvelles technologies.

Quartier nord de Berlin. Au milieu des vélos garés sous un abri, 2 frigos ronronnent doucement. Installés par l’association Foodsharing (ou partage de nourriture), ces frigos restent accessibles 24 heures/24 et 7 jours/7. Les volontaires y déposent de la nourriture et ceux qui le veulent viennent se servir gratuitement. Des SDF mais aussi des étudiants sans le sou ou des retraités avec une petite pension. Cette idée lancée en 2012 se développe aux côtés d’autres dispositifs de distribution gratuite comme les "givebox" (des armoires où sont mises à disposition des denrées non périssables) ou des dons ponctuels à aller chercher chez les particuliers.

Donner au lieu de jeter

D’une pierre, 2 coups. Ces initiatives s’attaquent autant au gaspillage de la nourriture (selon l’Ademe, 56 repas sont jetés par an, par Français) qu’à la malnutrition. Au total, on compte une vingtaine de ces frigos dans Berlin, une cinquantaine dans tout le pays pour plus d’une centaine de sites de partage géolocalisés en direct sur une carte en ligne. L’association compte 8 000 bénévoles actifs qui vont récupérer les invendus chez des restaurateurs ou des magasins partenaires.

L’Allemagne à la pointe du don

Derrière le boom de cette économie du don qui a essaimé en Belgique, en Suisse, en Autriche et même au Pays basque espagnol, se trouve Valentin Thurn un journaliste allemand de 52 ans. En 2010, il réalise un documentaire, Taste the waste, sur le gaspillage alimentaire. Immense succès en Allemagne et changement de carrière pour son auteur. Il monte Foodsharing afin de fédérer les initiatives avec une règle simple : ne partagez que ce que vous seriez prêt à manger. La France se montre assez en retard dans ce domaine. Un reportage français sur ces frigos d’entraide, diffusé par Spicee, un diffuseur de documentaires, a créé un petit engouement. La ville de Paris assure réfléchir au sujet dans le cadre d’un grand plan de lutte contre le gaspillage alimentaire mais peine encore à trouver une association pour s’occuper de frigos partagés… Avis aux amateurs partageurs !