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Chaque année, plusieurs milliers de personnes en recherche d’emploi viennent se former dans de "fausses entreprises" afin d’acquérir de nouvelles compétences et renouer avec le travail. Alors, travailler dans une entreprise fictive permet-il vraiment de retrouver le chemin de l’emploi ?

Dans les EEP (Entreprises d’Entraînement ou Pédagogique), tout semble vrai : les postes de travail, les bordereaux de livraison, les demandes de contrat... Pourtant, les "collègues" sont en fait des demandeurs d’emploi, des salariés en reconversion ou des jeunes diplômés qui viennent ici pour "s'entrainer" et se former aux situations concrètes qu’ils rencontreront dans une entreprise. Chaque année, depuis 25 ans, 7 000 personnes travaillent ainsi pour "de faux" dans l’une des 110 Entreprises d’Entrainement ou Pédagogiques (EEP) françaises sous le regard attentif d'enseignants professionnels.

6 mois de stage pour retrouver de l'emploi

"C’est un peu comme à l’auto-école", nous explique Pierre Troton, directeur du Réseau national français des EEP. "Il est souvent difficile pour un jeune qui n’a pas d’expérience professionnelle ou pour un chômeur qui n’a pas exercé depuis longtemps, de retrouver du travail. Ici, ils peuvent acquérir l’expérience concrète qui leur manque pour se remettre en selle. Ils obtiennent de cette manière une compétence immédiatement employable", ajoute-t-il.

Ces centres de formation sont financés par divers acteurs du secteur de l’emploi. Les stagiaires sont orientés par Pôle emploi, les missions locales, l’Agefiph (Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées) ou directement par des chefs d’entreprise, dans le cadre de formation. "Ils doivent être motivés et avoir un projet professionnel sérieux", souligne Pierre Troton. Un parcours personnalisé est ensuite établi pour chaque "employé". En moyenne, un stage dure six mois. Il se termine par une immersion de plusieurs semaines… au sein d’une vraie entreprise cette fois.

L'Entreprise d'Entrainement Pédagogique de Thueyts

65 à 70% des stagiaires embauchés

À l’issue de la validation des compétences, chaque stagiaire reçoit une attestation de formation. Elle peut être accompagnée de titres du ministère du Travail ou de l’Éducation nationale. Objectif : leur permettre de retrouver un emploi similaire à celui qu’ils auront appris durant leur formation, dans le domaine du management, du secrétariat ou des ressources humaines par exemple.

Et ça marche ! 65 à 70 % des stagiaires sont embauchés par la suite. "Il s’agit de CDD, de CDI ou de contrats aidés pour les jeunes et les chômeurs de longue durée", se félicite Pierre Troton. Encouragé par le succès rencontré, le REEP va ouvrir une huitième structure prochainement en région parisienne. Elle grossira le réseau des 4 500 EEP qui existent déjà dans 42 pays.

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