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Du 19 février au 21 mars dernier, le littoral atlantique a vécu au rythme des grandes marées, phénomène qui déchaîne la mer pendant des semaines. La période, qui s’achevait sur la "marée du siècle", a attiré sur les rivages des milliers de personnes fascinées… et parfois téméraires. Pour permettre au public de profiter du spectacle tout en limitant les dangers, les autorités ont multiplié les précautions. Brève présentation d’un événement qui passionne les foules et bouleverse nos côtes.

On parle de grandes marées pour désigner un phénomène naturel dû à une configuration astronomique particulière. Pendant cette période, les coefficients de marée - qui déterminent la différence de hauteur entre la marée basse et la marée haute – s’avèrent particulièrement élevés. D’ordinaire compris entre 20 et 120, ils dépassent alors fréquemment 100 et avoisinent même 120 lors de la toute dernière marée, appelée "marée du siècle". Ce sont des vagues d’une hauteur spectaculaire qui s’abattent alors le long des côtes.

Si ces marées ne sont jamais sans danger, leur effet peut aussi être aggravé par les conditions climatiques, comme la force du vent. La tempête Xynthia et ses 29 morts reste à ce titre dans toutes les mémoires : ce jour de février 2010, le coefficient de marée n’était que de 102 mais le vent a décuplé la puissance des vagues, laissant les autorités locales impuissantes devant les dévastations qui ont suivi.

Des pouvoirs publics en alerte

Cette année, des mesures ont donc été prises pour protéger les cotes et leurs habitants : barrages gonflables, digues rehaussées, sacs de sable, etc. Les pouvoirs publics ont également dispensé les conseils de sécurité aux touristes et aux pêcheurs, pour qui les kilomètres de plage découverts à marée basse étaient devenus le terrain idéal de la pêche aux coques et aux palourdes. Mais malgré ces précautions et un climat plutôt favorable, les secours sont venus en aide à quinze personnes, envasées ou prises au piège de la marée montante dans la journée du 21 mars.

La marée du siècle, clou du spectacle

Le 21 mars fut le jour de la "marée du siècle". Avec la montée des eaux, le Mont Saint-Michel est alors redevenu une île et a pris des allures de 15 août, accueillant plus de 10 000 personnes tandis que Saint-Malo comptait 20 000 curieux venus de toute la France et de l’étranger pour découvrir ce prodige.

Pourtant, le phénomène est moins rare que son nom le laisse penser car la marée du siècle revient en réalité tous les 18 ans. La prochaine sera peut-être plus impressionnante encore en raison des effets du changement climatique, parmi lesquels l’élévation du niveau des mers. Les pouvoirs publics s’y préparent d’ailleurs. Du côté des spectateurs, rendez-vous le 3 mars 2033, avec des bottes mais sans imprudence !