Publié le

Les fabricants d’éoliennes, installateurs de panneaux solaires et autres créateurs de compteurs intelligents ont besoin d’investisseurs. Par le choix des activités qu’elles soutiennent, les banques et les institutions financières sont appelées à jouer un rôle majeur dans la lutte contre le réchauffement climatique.

C’est le montant astronomique qui devra être dépensé chaque année jusqu’à 2020, et uniquement dans les énergies propres, si on veut limiter le réchauffement climatique au niveau de +2°C d’ici la fin du siècle. Le besoin mondial en investissement dans ce domaine va même doubler sur la décennie 2020-2030, à 1 000 milliards de dollars par an(1). Et c’est sans compter les efforts à mener dans les autres secteurs tels que les transports, la construction ou l’industrie.

Quand la finance devient verte

Ces investissements gigantesques représentent autant d’opportunités pour le secteur financier. Il endosse lui aussi une responsabilité face au changement climatique, poussé notamment par la société civile : les institutions financières financent le monde de demain et doivent, à ce titre, participer activement à la transition énergétique. A l’approche de la COP21, des banques françaises se sont ainsi engagées à ne plus financer des projets miniers en Australie car ils mettent en danger la Grande Barrière de corail. Une avancée qui résulte du lobbying des ONG Market Forces, AXA. La démarche de ces institutions consiste à "réorienter les investissements vers les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique et les clean techs (technologies propres)" explique Odith Azoulay, directrice de la recherche ISR chez Natixis.

Réorienter les investissements vers les énergies renouvelables.

Les clean techs font de l’argent

Mais les "énergies vertes", c’est aussi une rentabilité qui s’améliore sans cesse. Le parc photovoltaïque de Cestas en Aquitaine table ainsi sur un coût de production moins cher que la nouvelle génération de centrales nucléaires d’ici 2 ans. "La profitabilité de nos investissements repose de moins en moins sur les aides publiques et les incitations fiscales" se félicite Lionel Cormier, associé chez Demeter Partners, un fonds spécialisé dans les "clean techs".

Dernière innovation en faveur de l’environnement, les géants de la finance peuvent aussi mettre en avant des "green bonds", ces emprunts spécifiquement dédiés à financer des projets à dimension écologique. En octobre, le groupe EDF a réalisé une émission record de 1,25 milliard d’obligations vertes pour le développement d’énergies propres.

Le changement climatique affole les modèles financiers

Pour la première fois, une étude universitaire(2) a tenté d’évaluer l’impact du changement climatique sur les marchés boursiers. Dans un scénario pessimiste (hausse des températures de 4°C d’ici 2100), les actions pourraient perdre jusqu’à 20% de leur valeur dès 2030.

(1) Source : Agence Internationale de l’Energie, rapport "", 2012.
(2) "<a href="http://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstractid=2551478" Target="blank">The Financial Risk from Global Warming", janvier 2015.