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A Paris, les start-up solidaires ont leur incubateur, Le Social Good Lab. Où quand l’innovation technologique rime avec solidarité.

Répondre à un besoin réel

Depuis septembre 2013, le Social Good Lab accueille des start-up qui, au-delà de la rentabilité, visent à avoir un impact social positif. "A l’origine, l’idée était de répondre à des demandes de start-up moins axées sur la technologie que sur les problématiques sociales ou environnementales, rencontrant des difficultés à intégrer les dispositifs d’incubation classiques", indique Nicolas Bellego, responsable du programme Social Good Lab au sein de l'incubateur Paris Région Lab.

Financé par la ville de Paris et la BPI, le Social Good Lab est un programme d’incubation comparable aux autres à première vue. Mais grâce à l’expertise apportée par le Comptoir de l’innovation, dont le but est de promouvoir le développement des entreprises sociales, les start-up peuvent également être accompagnées sur les impacts sociaux et environnementaux de leur projet. Bref, tout le monde passe au vert et au solidaire !

Créer des synergies entre savoir-faire technologique et innovation sociale

A contrario des start-up classiques qui visent à maximiser leurs gains rapidement, les start-up solidaires du Social Good Lab ne répondent pas à la même logique de rentabilité. Le cycle des projets est donc différent, il s’inscrit dans la durée. Mais les problématiques techniques restent les mêmes, avec un fort besoin d’innovation technologique, ainsi que la nécessité de mettre en place un modèle économique viable.

L’avantage du lieu ? Un hébergement commun pour les start-up classiques et les start-up solidaires, et donc l’opportunité de voir des synergies se mettre en place. C’est le cas de la start-up Langue des signes, qui est née de la rencontre entre des professionnels spécialisés dans la conception de logiciels multimédias et une association de femmes interprètes en langue des signes, à la recherche d’une technologie d’incrustation à la demande pour rendre accessibles à tous les programmes de télévision.

Et développer des services innovants

Arizuka fait partie des premiers "incubés". Cette start-up a créé une plateforme de crowdfunding pour projets solidaires. Le passage par l’incubateur lui a également permis de valoriser la technologie développée, en proposant une solution de crowdfunding en marque blanche, easycrowd, accessible à tous.

La jeune entreprise Cine Apps, quant à elle, a tiré parti du passage au numérique de la plupart des salles de cinéma et cible les personnes déficientes sensorielles (malentendantes ou malvoyantes), en leur offrant la possibilité de profiter pleinement de leur séance. Elle a développé de nouveaux services innovants : accès à l’audio-description, aux sous-titres et renforcement sonore, grâce aux smartphones et aux smartglasses, tout l’enjeu technologique étant d’assurer une bonne synchronisation avec le film.

Preuve que les start-up solidaires intéressent, des grands groupes sont devenus partenaires du Social Good Lab : La Poste, SFR, la Caisse des dépôts et des consignations ou encore la SNCF. "Ils se sont associés au dispositif pour soutenir ces start-up dans leur business, sans avoir spécifiquement de visée stratégique RSE", précise Nicolas Bellego. C’est même une formidable opportunité pour ces start-up de disposer de terrains d’expérimentation grandeur nature pour leurs produits.