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"Quand souffle le vent du changement, certains construisent des murs, d'autres des moulins" selon un proverbe chinois. Aujourd’hui, l’entrepreneur positif aspire à souffler un vent nouveau sur un système économique mondial qui affiche ses limites. Preneur de risque, opportuniste audacieux ou encore catalyseur de changements : difficile de définir l’entrepreneur positif tant les qualificatifs varient. Mais leur vision est commune : celle d’agir pour l’humain et la planète.

Selon Schumpeter, "l’entrepreneur est un innovateur qui brise la routine". Être entrepreneur demande une curiosité permanente, une prise de risque assumée et une capacité à fédérer une communauté derrière soi. Y ajouter du positif, c’est réfléchir à agir pour le bien de la société et de l’environnement, sans négliger l’impératif économique. Pour mettre un visage sur ces nouveaux "aventuriers", nous sommes partis à la rencontre de quatre entrepreneurs qui ont mis leur énergie et leur créativité au service d’activités qui font sens.

Mettre son ambition au service d’un grand enjeu

À 43 ans, Pascal Lorne rentre de la Silicon Valley, où il a développé en 2002 la toute première application de messagerie instantanée sur mobile puis travaillé pour Facebook et Twitter : "L’ambition permet de voir loin, elle porte l’énergie". Après une longue période de doute, ce digital maker a voulu transformer cette ambition dans une optique de bien commun "pour lui donner du sens et de la cohérence".

Le projet voit le jour alors naturellement : "hacker le chômage" en fondant GoJob.com, qui vise à "faire du job matching sans parler de diplôme ni de CV, en misant tout sur le savoir-être et le savoir-faire".

L’entrepreneur est un innovateur qui brise la routine.

Faire d’une difficulté une opportunité

La différence entre limite et barrière est essentielle pour Nicolas Huchet. Si une limite est infranchissable, une barrière est une étape à dépasser en surmontant sa peur. Le créateur de My Human Kit a appris de ses limites. Handicapé, il découvre les fablabs et trouve une équipe capable de lui fabriquer un bras bionique avec une imprimante 3D. Il a toujours un rêve en tête : pouvoir jouer de la batterie. "C’est après avoir perdu ma main et réalisé qu'il était trop tard que j'ai décidé de m'essayer à la musique. J'ai découvert qu'avec les autres, on peut dépasser ses limites c'est comme cela que j'ai réalisé que tout est possible [...] et le plus enrichissant, c'est de donner la possibilité aux autres de pouvoir le faire. Ma limitation est devenue ma motivation". Aujourd’hui, son projet est disponible en open source et veut donner à tous les moyens de rêver.

Se recentrer sur l’essentiel : agir pour la planète

Pour certains entrepreneurs positifs, c’est la dimension environnementale qui occupe une place centrale dans le développement d’un projet. Stéphane Hallaire a créé Reforest’Action en 2010 pour redonner à la forêt la place qu’elle mérite dans notre société. Source d’énergie, de nourriture et de ressourcement, la forêt nous est vitale. "Quand on comprend l’arbre, la forêt, on se rend compte que c’est un sujet qui est au cœur des enjeux mondiaux. Un arbre permet des revenus complémentaires - vendre des fruits sur les marchés –, permet de restaurer les sols et de purifier l’air. Planter un arbre, c’est planter la vie" . Stéphane Hallaire permet aux entreprises et aux particuliers d’agir en plantant des arbres en ligne ou en offrant un arbre en cadeau. Avec 100 000 arbres plantés par an aux quatre coins du monde, Reforest’Action a permis à Stéphane Hallaire un essentiel retour aux racines.

Entreprendre en entreprise : réinventer son métier

Alors que 90% des salariés pensent que l’entreprise doit les aider à développer leur potentiel (étude de BPI Group), les intrapreneurs voient plus loin : ils veulent réinventer leur métier et celui de leur organisation. Emmanuel de Lutzel est un pionnier en la matière. En 2006, il lance chez BNP Paribas une activité qui finance les institutions de microfinance. Dans son livre Le Guide de l’intrapreneur social, Emmanuel de Lutzel part à la rencontre de 20 pionniers qui cherchent à dépasser l’inertie, l’ignorance et l’isolement à l’intérieur des entreprises pour faire émerger leurs projets et changer le cap du navire vers le bien commun.

A l’image de ces quatre entrepreneurs innovateurs, le travail de demain ne s’inscrit-il pas dans un nouveau paradigme, celui de retrouver du sens dans notre action professionnelle ? Alors que l’innovation et l’entrepreneuriat, véritables stars d’événements comme Big Inno Génération ou Vivatechnology, sont au coeur des nouvelles aspirations, l’impact social ou environnemental serait-il la clé d’un business heureux et d’employés épanouis ? Allez, réinventons-nous !