Journées de l’entrepreneuriat féminin, Forum ELLE Active, HEC au féminin… Ces initiatives fleurissent, visant à valoriser les femmes françaises porteuses de projets, deux fois moins nombreuses que leurs homologues masculins. Qui sont-elles ? Quels sont les freins qui pèsent encore sur l’entrepreneuriat conjugué au féminin ?
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L’ENTREPRENEURIAT EN France : une inégalité marquée

En France, les femmes sont autant attirées par l’entrepreneuriat que les hommes, puisque 70% des femmes estiment que l'entrepreneuriat est un bon choix de carrière, pour 70,1% des hommes.
D’ailleurs, les entreprises créées par des femmes, une fois lancées, rencontrent autant le succès que celles des hommes. Pourtant, les femmes ne représentent que 30% des créateurs d’entreprises en France.

L’HEXAGONE A LA TRAINE
Comparé à d’autres pays aux économies développées et comparables, les femmes choisissent rarement une carrière d’entrepreneure. En 2011, seule 3% des femmes actives avaient tenté de lancer leur entreprise, contre 10% aux EU, 5,2% au RU, ou 4,5% en Allemagne.

Cependant, il existe des motifs d’espoirs puisque la part de femmes parmi les créateurs d’entreprise est en constante augmentation. En 2002, 26% des entreprises créées l’étaient par des femmes, contre 32% en 2010.

DES TAILLES D’ENTREPRISES DIFFERENTES

Les typologies d’entreprises ne sont pas non plus tout à fait les mêmes entre hommes et femmes. Les entreprises individuelles (typiques des professions libérales par exemple) sont plébiscitées par les femmes, qui y sont majoritaires (55%). Les hommes créent des entreprises de tailles plus grandes (le CA est en général 2 fois plus important pour les entreprises créées par des hommes, à secteur identique) et le nombre moyen de salariés y est aussi plus important (1,1 pour les hommes, contre 0,7 pour les femmes) témoignant encore une fois de l’importance du nombre d’entreprises individuelles féminines.

Toujours au rayon des différences, les profils des entrepreneur(e)s sont aussi peu semblables. Les femmes vont généralement créer une seule entreprise, quand les profils des entrepreneurs masculins seront plus proches de celui du "serial entrepreneur", introduisant à des différences quant aux freins pour entreprendre.

DES FREINS POUR ENTREPRENDRE


Pour expliquer une telle différence de fait, certains freins semblent bien ancrés.
Certains sont quantifiables, même si il est délicat de se prononcer sur leurs causes, culturelles ou économiques… Comme le taux de rejet plus important des banques pour accorder un crédit bancaire aux femmes (4,3 contre 2,3% de rejet pour les hommes). Autre donnée objective irréfutable : les femmes ont, à compétences égales, 2fois moins de chance d’avoir eu un poste de direction avant leur aventure entrepreneuriale.

Mais des freins psychologiques existent également. Elles sont ainsi 27% à avoir peur de ne pas avoir les compétences, contre 9% seulement pour les hommes. La peur d’échouer est elle aussi supérieure chez les femmes, quoique la différence soit moins marquée : 45% contre 42% pour les hommes.

QUELLES REPONSES PEUT-ON DONC APPORTER ?

Consciente de l’enjeu, en termes d’égalité des chances mais aussi de création d’activité pour la société, la ministre madame Najat Vallaud-Belkacem a lancé en 2013 le plan national pour l’entrepreneuriat. Son objectif ? Passer de 30 à 40% de femmes chefs d'entreprise d'ici à la fin du quinquennat…

Pour se faire, une CHARTE DE L’ENTREPRENEURIAT FÉMININ a été créée, reprenant 5 enjeux majeurs :
<ul><li>- Genrer les outils statistiques pour mieux cerner l’entrepreneuriat féminin</li>
<li>- Créer une culture de l’entrepreneuriat féminin.</li>
<li>- Accompagner, encourager et soutenir le développement des entreprises créées ou reprises par des femmes.</li>
<li>- Faciliter et garantir l’accès au financement.</li>
<li>- Améliorer le statut des entrepreneures et l’articulation des temps de vie.</li></ul>

Un VASTE RESEAU D’ACCOMPAGNEMENT est également construit pour défendre et encourager l’entrepreneuriat des femmes. Action’Elles, l’ADIE, l’ADIEF, l’AFFDU, l’APCE, BGE, BPW, CLEF, DEFHISS, entrepreneure.fr, EPWN, Fédération Pionnières, France Active, France Initiative, Inform’elles, WECF France… Tout un réseau d’entraide est disponible pour encourager la création d’entreprise et enfin pleinement conjuguer le verbe "entreprendre" au féminin.

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