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"Arbres de la forêt, vous connaissez mon âme !", écrivait Victor Hugo. Mais en retour, que savons-nous des multiples dimensions de la forêt? Pour nous éclairer, Stéphane Hallaire, président et fondateur de Reforest’action, partage avec nous sa vision d’une forêt équilibrée, entre protection de la biodiversité et gestion de son rôle économique.

Jean-Baptiste Colbert avait prévenu Louis XIV : "La France périra, faute de bois". Quels sont les enjeux économiques de la gestion durable des forêts aujourd'hui ?

Stéphane Hallaire - À l’époque de Colbert, la problématique était diffèrente : il fallait couper des arbres pour construire des bateaux de guerre ou partir à la conquête du Nouveau Monde. Colbert est à l'origine de la gestion forestière durable, que poursuit aujourd’hui l’ONF (Office National des Forêts), car il a montré qu’il faut avoir une vision à long terme de la valeur économique de la forêt.

À l’heure actuelle, 450 000 personnes vivent de la filière bois et forêt en France, qu’il s’agisse de l’amont, c’est-à dire de la plantation et de la gestion forestière, ou de l’aval, à savoir la transformation du bois en produits à plus ou moins haute valeur ajoutée. Et les débouchés économiques de la forêt sont de plus en plus importants, que ce soit dans la construction, la biomasse, le papier, la palette, l’emballage, mais aussi la haute technologie : saviez-vous que le bois est utilisé dans l’élaboration d’ailes d’avion ou encore de matériaux composites ?

N’oublions pas que 450 000 personnes vivent de la filière bois et forêt en France.

Comment se porte la forêt française aujourd’hui et comment peut-on mieux la consolider à l’avenir ?

S.H. - En termes de superficie, la forêt française couvre 30% du pays et ne se porte par conséquent pas trop mal. Toutefois, elle ne croît plus depuis une douzaine d’années et, surtout, a tendance à perdre en qualité. D’une part en raison des maladies, qui affectent de plus en plus d’essences et causent des ravages. D’autre part parce qu’elle est sujette à de nombreux aléas naturels, notamment sous forme de tempêtes, mais aussi au changement climatique, qui cause des sècheresses de plus en plus violentes. De nombreux arbres dépérissent à cause du manque d’eau.

Pour toutes ces raisons, il est nécessaire d’adapter les forêts françaises au climat d’aujourd’hui, mais aussi d’ores et déjà penser au climat de 2100 car quand on plante un arbre aujourd’hui, il vivra jusqu’en 2100 et au-delà. Or, planter coûte cher, et contrairement à l’agriculture, vous ne récoltez pas dans l’année, mais entre 25 et 120 ans après, selon l’arbre. C’est seulement à partir d’une taille de plusieurs milliers d’hectares que les forêts deviennent rentables. La taille moyenne des propriétés étant de l’ordre de l’hectare, une grande partie des forêts représente, du point de vue économique, un coût pour leurs propriétaires.

En quoi la multiplicité des rôles joués par la forêt empêche de penser les forêts par le prisme d’une simple logique économique ?

S.H. - La forêt joue en effet de nombreux rôles, qui vont bien au-delà de l’économie. Aujourd’hui, on va plus souvent en forêt qu’au cinéma : c’est un lieu récréatif plébiscité par les Français. La forêt joue également un rôle important sur la biodiversité, la filtration de l’eau, la rétention des sols, et ainsi de suite.

Tous ces rôles et usages doivent être pris en compte afin d’éviter l’erreur consistant à adopter un point de vue exclusivement économique, qui consisterait à prendre uniquement en compte la demande croissante pour le bois sur le marché mondial. Une pression économique s’exerce aussi sur la diversité des essences caractéristique des forêts françaises, les usages économiques privilégiant les résineux.

Il est donc essentiel de prendre en compte l’ensemble des usages et externalités liés au bois afin de les arbitrer avec équilibre. Il faut servir les intérêts économiques, oui, mais pas au détriment des autres usages. Nous souhaitons par exemple parvenir à chiffrer cette complexité dans un indicateur unique, qui permettrait par exemple d’affirmer qu’un hectare de forêt, c’est mille euros par an de services rendus.

Il faut servir les intérêts économiques, oui, mais en prenant en compte tous les autres usages de la forêt.

John Fowles, auteur de L'Arbre, aimait le caractère explorable des forêts du Devon. Plus largement, les forêts primaires, c’est-à-dire n’ayant jamais subi l’influence de l’homme, ont presque disparu en Europe. Que perdons-nous avec elles ?

S.H. - Nous ne le savons pas, et c’est cela qui fait peur. Nous détruisons là ce que nous ne comprenons pas, et qui nous dépasse.

Stéphane Hallaire

Il a une quarantaine d’années. Il fait parti de la génération X, la première à vraiment prendre conscience des enjeux environnementaux. Il a fondé Reforest’action, dont le métier est de restaurer des forêts dégradées dans le monde, essentiellement en plantant des arbres qui ont un impact à la fois environnemental et social.

"Ensemble, plantons 200 000 arbres en France"

Partenaire de Reforest’action, AXA propose à ses clients d’opter, pour tout nouveau contrat, pour la dématérialisation de leurs conditions générales de vente. Jusqu’au 30 juin 2017, lorsqu’elles lui sont envoyées par e-mail(1), le client pourra choisir où planter son arbre sur la forêt digitale AXA hébergée sur http://www.reforestaction.com/axa.php. Il contribuera ainsi à reboiser et à offrir des retombées écologiques et économiques à la région française de son choix.

(1)e-mail comportant les Conditions Générales envoyées par le conseiller lors de souscriptions de contrats pour clients particuliers/professionnels, hors contrats d’épargne et jusqu’au 30/06/2017