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Sur le papier, les emballages comestibles pourraient être une solution parfaite en termes d'écologie : ils protègent le produit sans créer de déchet. Cependant les premières tentatives semblent étonner sans tout à fait convaincre, et ne trouvent pas leur place dans nos rayons de supermarchés. Pourquoi certaines belles idées de protection de l’environnement n’arrivent-elles pas à percer ?

Quoi de mieux pour réduire nos déchets que de créer des emballages qui se mangent ? David Edwards, fondateur du Laboratoire – lieu d'expérimentation artistique et scientifique, en plein cœur de Paris – a été le premier à s’aventurer dans ce projet. Il a créé en 2012 une membrane comestible emballant fromages, glaces et yaourts. La seconde peau, composée notamment d'alginate – provenant d'algues – et de calcium, permet de contenir et de protéger l'aliment. Les biens ainsi emballés sont des Wikicells.

Remplacer les emballages plastiques par des conditionnements comestibles.

Le grand absent de la grande distribution

Au début de l'aventure, il y a trois ans, David Edwards espérait bien que son innovation soit reprise par des industriels agroalimentaires. "De grands groupes nous ont déjà contactés", affirmait-il alors à l'hebdomadaire L'Usine Nouvelle. Mais une fois la nouveauté passée, l'innovation fit long feu. "L'emballage comestible est un doux rêve : comment transporter, entreposer et vendre les biens sans les protéger ?" demande Bruno Siri, délégué général du conseil national de l'emballage. La réponse est simple : pour des raisons sanitaires, il faut de l’emballage". Et d'ajouter :_ "Si la comparaison est faite avec un fruit à portée de mains de tous les consommateurs, je réponds simplement qu'une pomme peut être pelée"_.

De nouvelles tentatives en cours

Pourtant, d'autres tentatives ont vu le jour depuis cette première percée. La start-up britannique Skipping Rocklab a créée Ooho, petite membrane transparente qui emprisonne les gouttes d'eau. En utilisant un procédé similaire à base d'alginate et de calcium, la peau d'eau peut se manger et est biodégradable.

Le but ? Remplacer les bouteilles en plastique. Le marché peut alors être conséquent, avec des ventes de 5,5 milliards bouteilles d'eau par an rien qu'en France. Mais outre un problème sanitaire comparable aux Wikicells ; le dispositif n'est surtout pas suffisamment résistant pour être transporté sans risque de percer. Finalement, outre les Wikicells difficiles à trouver sur le marché et Ooho pas encore en vente, seules de petites opérations plus ludiques qu'écologiques voient le jour dans le commerce. KFC a par exemple lancé les Scoffe-cup, des gobelets fabriqués en biscuit et chocolat blanc résistants à la chaleur.

"Finalement, le plus simple pour être efficace sur le plan écologique serait encore de développer la consigne – comme pour les fûts de bières ou les palettes des professionnels – en élargissant cette pratique aux particuliers", conclut Bruno Siri. En attendant, si vous voulez vraiment manger votre emballage, il vous reste encore un classique efficace : la gaufrette du traditionnel cornet de glace !

Et si vous voulez tentez l'aventure chez vous, voici un tutoriel.