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Théo de Bentzmann a fondé Comuneat en 2015, et déjà levé un million d’euros en juin 2016. Cette plateforme met en relation, les "chefs", des particuliers qui vendent de plats faits maison avec des "gourmets" qui cherchent des plats cuisinés abordables. Retour sur les débuts de ce qui s’annonce être une belle aventure entrepreneuriale et collaborative !

La naissance de Comuneat ?

Je viens d’une famille d’entrepreneurs. J’ai toujours eu envie de lancer un projet. Je savais combien cela pouvait être difficile, mais surtout à quel point, dans les bons jours, être entrepreneur est fantastique !
Après une expérience en fusac [fusion-acquisition, NDLR] et une première expérience entrepreneuriale qui n’avait pas marché, j’ai intégré l’incubateur de l’université de Cambridge avec un nouveau projet de cosmétique et en suis ressorti avec une idée complètement différente : Comuneat. C’était il y a un an et demi. Je commençais à m’intéresser au secteur de la "Foodtech" et j’avais entendu parler des "telemadres" en Espagne : des passionnés de cuisine qui proposaient à des étudiants fatigués de la "junk food" des plats faits maison, en échange d’argent ou de services. Ça avait fait un petit buzz. Pour moi, c’était la solution pour proposer une nutrition plus simple et beaucoup moins chère que les solutions de livraison plus traditionnelles. On connaît tous quelqu’un qui cuisine comme un chef !

Votre meilleur atout ?

C’est simple : nous sommes le service de livraison de nourriture le moins cher d’Europe.
Comuneat répond à un vrai problème : ces cinquante dernières années, le temps que nous passons à cuisiner n’a cessé de diminuer. Tout le monde cherche une solution de plats bons et pas chers. D’où l’expansion de la foodtech : une armée de Start-ups qui s’attaquent à notre façon de manger ou d’aller au restaurant… bien souvent en les faisant livrer directement chez nous. Seul problème : ces services sont 2 à 3 fois trop chers pour des gens normaux qui préfèrent encore cuisiner eux-mêmes et garder leur budget pour les plaisirs culinaires mensuels. L’atout de Comuneat est donc évident : un menu plat+dessert pour moins de 10 euros, livré chez vous. Un rapport qualité-prix fracassant.

Votre plus gros challenge ?

Notre plus gros challenge, c’est de gagner la confiance de nos utilisateurs potentiels. Acheter des plats faits maisons par des inconnus est une vraie rupture vis-à-vis des habitudes de consommation. Nous devons donc tout faire pour assurer la sécurité alimentaire.
C’est pour cela que nous avons noué un partenariat avec AXA grâce à qui la responsabilité civile des "chefs" est automatiquement assurée. Concrètement, ils sont assurés en cas de dommage corporel, matériel ou immatériel qu’ils pourraient causer à un de leurs "clients", comme une intoxication alimentaire par exemple.
Nous avons également mis en place une procédure stricte pour sélectionner nos "chefs". Pour intégrer notre communauté, ils doivent venir passer une formation dans nos locaux, nous inspectons la cuisine de chacun d’eux, leur envoyons des testeurs mystères… La communauté se charge aussi de les noter. Rien n’est laissé au hasard pour assurer que ces passionnés de cuisine proposent le meilleur service pour la communauté.

Votre plus belle histoire ?

Quand un utilisateur m’a dit : "Ça coûte le même prix que le supermarché, et c’est meilleur que quand je cuisine !"

Votre meilleur allié ?
C’est notre communauté de passionnés, qui s’attachent à faire plaisir à leurs consommateurs. C’est la grande force de l’économie collaborative : les chefs et même les gourmets se sentent faire partie d’une aventure humaine, ils ont cette envie de partager avec leurs voisins.
Nous devons vraiment les chouchouter et leur montrer que ce qu’ils font est exceptionnel, ce dont ils ne se rendent pas toujours compte. Notre mission, c’est de leur donner les bons outils pour qu’ils n’aient plus qu’à se préoccuper de leur passion !

Votre prochaine étape ?

Très concrètement, en ce moment, on se concentre sur une chose essentielle : trouver le "Product Market Fit". Cette expression fait partie du jargon incompréhensible des Start-upers, mais elle recouvre une chose très simple : faire en sorte que notre produit réponde parfaitement aux attentes des consommateurs. Une fois que nous aurons réussi cela, nous pourrons commencer à gagner de la croissance. Il faut savoir se montrer patient : une entreprise comme BlaBlaCar a mis plusieurs années avant de vraiment se développer. Il faut du temps pour bâtir une communauté…

Votre conseil aux start-ups qui se lancent ?

Dans l’entrepreneuriat, tu disposes de talents et de ressources limités. Je pense qu’il faut se concentrer sur un avantage, choisir l’axe dans lequel tu veux vraiment être bon, et renoncer à vouloir être le meilleur dans tous les domaines. C’est vraiment ce que nous essayons de faire en ce moment !

En savoir plus

https://twitter.com/Comuneat