Publié le

Avec une vidéo sensibilisant les jeunes aux enjeux de la conférence sur le climat 2015, Nicolas Hulot a provoqué un beau buzz, alors que 67% des 15-30 ans avouent n’avoir jamais entendu parler de la COP21* . L’écologie serait-elle capable de susciter des mouvements de foules virtuels ?

"Un truc de fou, qui nous dépasse !" Voilà comment Matthieu Orphelin, porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot, résume l’engouement suscité par une petite vidéo de 5 minutes postée mercredi 7 octobre 2015 sur le web et intitulée Break the Internet. "Casser Internet" donc, c’est-à-dire faire sauter les serveurs grâce à un nombre très élevé de connexions, comme à l’époque d’une certaine photo de Kim Kardashian .

Nicolas YOLO vous parle

Résolument décalé et faisant preuve d’une belle autodérision, Nicolas HULOT, rebaptisé YOLO** , multiplie dans sa vidéo les références aux stars de la culture web pour faire passer son message. Kyan Khojandi (Bref) ou Maxime Musqua (Studio Bagel) appellent donc à signer une pétition demandant "[aux] responsables politiques des pays les plus riches et les plus émetteurs de gaz à effet de serre à enfin relever le défi climatique".

48 heures après sa mise en ligne, la vidéo avait été vue par près d’un million d’internautes ! Avec jusqu’à 3 000 connexions par seconde, les serveurs du site de la Fondation ont rapidement saturé. S’il est impossible à ce stade d’évaluer le nombre de signatures générées par Break The Internet, il sera très largement supérieur aux prévisions initiales.

Break The Internet - Nicolas Hulot

L’humour, outil de mobilisation massive (des internautes)

Cet enthousiasme 2.0 pour l’environnement n’est pas le premier du genre. Avec humour, mais sans naïveté ni langue de bois, l’association Bloom invitait le grand public à s’engager pour la préservation des fonds marins en novembre 2013, sous les crayons de la bédéiste Pénélope Bagieu. En moins de 48 heures, l’infographie BD qui dénonçait le chalutage en eaux profondes avait été partagée plus de 230 000 fois. Victime de son succès, le site de l’association avait lui aussi été indisponible. Au total, la pétition obtint plus de 800 000 signatures, pour devenir la pétition environnementale la plus signée de l’histoire de France. Ce succès s’accompagna d’ailleurs de résultats tangibles puisqu’en décembre 2013, le groupe Auchan annonçait la fin de la commercialisation des trois principales espèces de poissons d’eaux profondes.

Que signifient ces phénomènes Internet ? Ces pétitions font-elles vraiment bouger les lignes ? Aboutissent-elles à des actions concrètes de protection de l’environnement ? Bien malin qui peut prédire si ces signatures auront des effets tangibles, ou si elles rejoindront la cohorte de bonnes intentions sans lendemain. Elles prouvent au moins que les plus jeunes générations sont tout à fait mobilisables, et même de façon spectaculaire. Pour les fédérer, il faut savoir manier des médias, dont l’autodérision et le refus de la langue de bois sont les piliers. L’émergence d’une démocratie participative 2.0 ?


* Sondage Odoxa pour les Presses universitaires de France (PUF)
** Interjection signifiant “You only live once”, “on ne vit qu’une fois”.

Pour accéder au formulaire de la fondation Nicolas Hulot