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Malgré les efforts de la grande distribution pour proposer des rayons "agriculture raisonnée", les consomm’acteurs restent méfiants et de nouveaux modes de distribution fleurissent, pour manger mieux tout en limitant l’impact de la consommation sur l’environnement. Focus sur 2 exemples d’une tendance qui va s’accélérant.

Une prise de conscience chiffrée

Selon la dernière étude réalisée par Ethicity/Kantar Media en 2014, 1 Français sur 2 intègre aujourd’hui la dimension environnementale et sociale dans ses achats, contre 39% en 2004. Cette prise de conscience s’accompagne d’une vraie demande : 55% de nos compatriotes aimeraient qu’on leur propose un lieu près de chez eux qui propose des solutions pour consommer "mieux".

On veut montrer qu’un autre modèle de consommation, plus respectueux de l’environnement, est possible.

La Recharge déballe tout

Un vœu qu’ont bien compris Jules Rivet et Guillaume de Sanderval. En juillet 2014, ils ouvrent dans le centre de Bordeaux La Recharge, une épicerie d’un genre nouveau. Le concept part d’un simple constat : chaque Français produit en moyenne 390 kg de déchets par an, dont seulement 37% sont recyclés. Ces emballages représentent 20% du prix des produits. Pour changer la donne, La Recharge propose des produits sans emballage. Savon, produits laitiers, fruits et légumes sont vendus en vrac ou à la coupe : "Un super concept, en direct des producteurs locaux avec des prix très raisonnables et des produits sélectionnés avec soin" explique Jean-Baptiste, un client conquis. Si les grandes chaînes de distribution proposent des produits "en vrac", "c’est plus pour faire du discount sur des produits basiques, et pas pour mettre en avant des aliments qui donnent envie", note Julien, un autre client. "On veut montrer qu’un autre modèle de consommation, plus respectueux de l’environnement, est possible", déclarait Guillaume de Sanderval lors de l’ouverture. Avec des pics à 200 clients les jours de forte affluence, on dirait que la démarche convainc.

La Louve
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La devanture de La Louve

La Louve
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L'entrée d'un magasin La Louve

La Louve
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La devanture de l'Epicerie Moderne La Louve

La Louve prend soin de ses petits (producteurs bio)

Autre projet, La Louve, une coopérative alimentaire qui ouvrira ses portes début 2016 à Paris dans le quartier de la Goutte d’Or. Inspirée par la Park Slope Food Coop à New York (LE supermarché coopératif américain), La Louve propose aux habitants du quartier de devenir membres de la coopérative pour pouvoir y faire leurs courses, en échange de 3 heures de travail chaque mois et l’achat de 100€ de parts dans la coopérative. La philosophie du projet est donc ambitieuse et en rupture avec les codes classiques de la distribution : "L’avenir ; c’est collaborer, coopérer", déclare Isabelle Philippe, membre de la Louve. Les économies réalisées permettent de pratiquer des marges basses, et donc des prix très abordables sur des produits bio, en circuit court, sans léser les producteurs.
La collecte lancée sur KissKissBankBank en 2013 a totalisé plus de 40 000 euros, soit 138% du montant espéré par les fondateurs de La Louve : preuve s’il en est que les Français sont, plus que jamais, prêts à s’engager concrètement pour l’environnement en agissant sur leur consommation.

Reste à ces exemples encore isolés à faire adhérer le plus grand nombre. La généralisation des courses en ligne, l’attachement, pour des raisons pratiques ou informatives, à l’emballage, montrent que la consommation responsable est en modèle encore largement en devenir…