Évolution des envies des jeunes travailleurs, besoin de flexibilité de la part des entreprises, les freelances sont aujourd’hui incontournables dans le monde du travail.
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L’essor des indépendants, une tendance mondiale

La France est loin d’être le seul pays dans lequel le statut d’indépendant à la cote. Elle est même plutôt en retard sur ce point puisque les travailleurs indépendants ne représentent que 10,6% des actifs, contre près de 35% aux États-Unis. La première puissance économique mondiale compte ainsi près de 55 millions de travailleurs indépendants. Et la progression est continue, puisqu’ils sont, en 2017, deux millions de plus qu’en 2014 !

L’Europe n’est toutefois pas en reste et compte bien prendre le train en marche de la "freelancisation" du marché du travail. Les salariés sont d’ailleurs les premiers à s’y intéresser puisque 68% des salariés européens envisagent de devenir indépendants et 26% affirment prévoir activement un changement en ce sens.

Le statut d’indépendant répond également aux attentes de la génération Y, nouvellement arrivée sur le marché du travail. Plus rétive à la hiérarchie et sensible aux pesanteurs de l’entreprise, elle est plus prête à céder aux sirènes de l’indépendance que ses aînées : plus d’un tiers (36%) des 25 à 34 ans déclarent ainsi préparer le passage à une activité en tant que freelance.

Qui sont les travailleurs indépendants en France ?

Les 2,8 millions de travailleurs indépendants en France (hors secteur agricole, médical et paramédical) se répartissent en trois grandes catégories : les commerçants (38%), les artisans (35%) et les professions libérales (27%).

Si leur nombre a largement diminué depuis les années 60, où ils pesaient près de 20% de la population active, la courbe s’est inversée depuis le début des années 2000 : leur nombre a ainsi cru de 500 000 depuis 2003. Depuis la création du statut d’auto-entrepreneur en 2007 (devenu depuis micro-entrepreneur), le nombre de freelances a augmenté de 120%, notamment dans les secteurs de la communication et de l’informatique. On comptait ainsi en 2016 1,1 million de micro-entrepreneurs, un chiffre en constante augmentation.

Le profil du travailleur indépendant ne reflète toutefois pas encore cette généralisation du statut : en France, il reste en moyenne masculin, diplômé et en milieu de carrière. Niveau rémunération, la différence entre les micro-entrepreneurs et les autres statuts (portage salarial, EIRL, SARL, SAS, etc.) reste très marquée : 5 280 euros annuels en moyenne pour un micro-entrepreneur (une activité qui constitue souvent un complément de revenus)… contre 38 280 euros annuels en moyenne pour les autres !

Devenir indépendant en France : satisfaction ou obligation ?

Le bilan tiré par les indépendants eux-mêmes est globalement très positif ! En effet 85% d’entre eux sont satisfaits de leur statut, 76% optimistes quant à leur avenir et 88% se voient encore indépendants dans 5 ans. Revers de la médaille, 70% déplorent toutefois la forte variation de revenus d’un mois sur l’autre, 66% la difficulté de trouver de nouveaux clients. 58%, enfin, confessent avoir parfois du mal à s’organiser dans leur travail.

Les Français sont également tentés par l’aventure en tant qu’indépendant car ils pressentent que ce modèle est voué à un grand avenir. Les chiffres sont éloquents : environ un Français sur deux pense que les entreprises embaucheront dans l’avenir des travailleurs au cas par cas, en fonction des besoins. 56% pensent qu’ils seront payés au temps réel, et non dans le cadre d’un contrat horaire fixe et 53% considèrent qu’ils devront proposer leurs compétences là où elles seront nécessaires. Être indépendant est donc plus que jamais dans l’air du temps !