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La composante purement financière et commerciale de la FinTech a connu en 2016 un ralentissement par rapport à la période faste de 2012-2015. Dans ce contexte, l’InsurTech semble prendre le relais. Son principal atout ? Elle ajoute une touche d’expérience client à la digitalisation.

La FinTech regroupe l’ensemble des start-up utilisant le potentiel des nouvelles technologies, et en particulier l’analyse des données, pour repenser et simplifier les services financiers. Entre autres success stories, la FinTech américaine Stripe, créée en 2009 était valorisée à près de 9,2 milliards de dollars sept ans plus tard. Tous les astres semblent donc alignés pour que 2017 soit à nouveau une année à succès. Pourtant, les FinTechs se heurtent à plusieurs difficultés à la fois typiques des start-up et propres à l'univers de la finance.

La FinTech face à ses faiblesses structurelles

Certaines entreprises peinent à trouver un modèle économique pertinent dans un contexte de plus en plus concurrentiel. Paiement dématérialisé, conseil en investissement automatisé, financement participatif : nombreuses sont les jeunes pousses qui s’affrontent sur ces segments. Pas moins de 60 start-up se sont ainsi positionnées en France sur le segment du financement participatif, prenant la suite des pionniers Kisskissbankbank et Ulule, eux-mêmes largement inspirés de l’américain Kickstarter.

Les FinTechs doivent ensuite faire face à un déficit de confiance et de notoriété. S’ils sont de plus en plus nombreux à se laisser tenter par exemple par la banque en ligne, les Français jugent encore que le premier critère dans le choix d’une banque est la proximité, ce qui milite en faveur des banques traditionnelles fortes d’un réseau national. Sans oublier les nombreux obstacles réglementaires qui sont autant de freins à l’innovation dans le secteur bancaire : difficulté à obtenir un agrément de l’ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution), coût de la mise en conformité réglementaire… Résultat, d’après un baromètre KPMG, la FinTech mondiale a accusé une baisse de 17% des levées de fonds au 3e trimestre 2016 par rapport au précédent. Un signal qui traduit une approche plus prudente des investisseurs.

L’InsurTech tire son épingle du jeu

Un pan de la FinTech tire néanmoins très clairement son épingle du jeu : l’InsurTech. Le montant des capitaux investis dans les start-up de l’assurance a été multiplié par vingt en l’espace de cinq ans. L’InsurTech accélère là où la FinTech ralentit car elle apporte une dimension supplémentaire à la digitalisation des processus : elle s’exprime sur un terrain concret, celui de l’expérience client.

L’InsurTech s’adresse aux digital natives qui aspirent à gérer leurs contrats d’assurance depuis leur smartphone. Plus réactive et plus immédiate, elle fluidifie les démarches et s’adapte au nouveau rythme de notre société : avoir accès à l’ensemble des services à toute heure et en mobilité. De surcroît, cette branche de la FinTech s’attache aussi à améliorer la connaissance du client afin de lui proposer des offres personnalisées. Garantie corporelle spécifique lorsqu’on pratique les sports extrêmes, offre famille après une naissance, réduction sur l’assurance auto lorsqu’on utilise peu son véhicule : le sur-mesure est un axe clé de l’InsurTech.

Dernier point, et non des moindres, l’InsurTech permet de fidéliser les clients en misant sur cette expérience pratique et personnalisée, ce qui permet de sortir d’une guerre des prix finalement néfaste pour le consommateur car tendant à faire passer la qualité de service au second plan.

Les InsurTechs main dans la main avec les grands assureurs

Contrairement à certains acteurs bancaires, les assurances n’ont pas eu pour priorité de protéger leur territoire mais ont cherché, très tôt, à s’associer avec des InsurTechs. Deux tiers des transactions impliquant des InsurTechs ont d’ailleurs lieu dans les premières phases de développement des start-up (levées de fond en seed et en série A), selon CB Insights.

Ce soutien peut prendre diverses formes. La montée au capital d’une start-up en est une, avec par exemple l’investissement d’AXA dans l’entreprise américaine de logiciels destinés aux assureurs One Inc. L’aide à l’innovation en est une autre. AXA a ainsi créé Kamet, un incubateur doté de 100 millions d’euros, et AXA Strategic Ventures, un fonds de capital-risque de 200 millions d’euros.

Pour l’heure, l’InsurTech se développe plus vite aux États-Unis, qui captent 60% des levées de fonds de l’InsurTech. La prochaine étape est de l’implanter en Europe, un territoire aux caractéristiques de marché spécifiques : une forte pression concurrentielle, l’importance de la bancassurance notamment en France, en Espagne ou au Portugal, l’attachement à la sécurité de l’épargne et à la protection des données personnelles, qui se répercutent dans les normes, etc. Le rôle des grands assureurs sera alors décisif en 2017.