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Pour sa 51ème édition, le Consumer Electronic Show (CES) - plus grand salon hi-tech du monde – a réuni à Las Vegas début janvier, 3 900 exposants et attiré près de 200 000 visiteurs. Parmi eux Julien Neveu, Innovation Manager dans les équipes de l’Accélérateur, décrypte pour nous les tendances qu’il a repérées. Interview…

Bonjour Julien, vous étiez au CES il y a quelques jours.

Qu’êtes-vous allé y chercher ?

Depuis 50 ans, le CES s’est imposé peu à peu comme LE lieu où l’on annonce les innovations majeures : le caméscope, le lecteur dvd, la tablette… Toutes ont été annoncées au CES. Historiquement dédié à l’électronique grand public, avec la convergence de l’électronique et de l’informatique, ce sont désormais les innovations les plus technologiques qui y sont présentées. Le CES est le rendez-vous international à ne pas manquer, afin de sentir au plus près quelles sont les tendances qui bouleverseront notre quotidien de demain...

L’Accélérateur s’y est rendu pour y trouver de l’inspiration et observer ces tendances afin de les partager avec les équipes d’AXA France. Une façon de mettre en perspective le travail réalisé au quotidien, notamment dans le secteur de l’assurance.

Justement, pouvez-vous nous dire quelles tendances vous ont marqué en matière de santé, d’intelligence artificielle et de mobilité ?

La santé est un domaine toujours bien représenté au CES. Nous y avons observé une continuité dans l’essor de l’e-santé, où les plateformes digitales permettent de faire le lien entre les données que je recueille chez moi et celles que je partage avec mon médecin. Le patient va devenir davantage maître de ses données, avec un ensemble d’objets connectés à sa disposition pour réaliser des auto-diagnostics. D’une part, cela fait gagner du temps aux médecins, d’autre part, cela favorise un retour plus rapide à domicile après une hospitalisation, tandis que les personnes âgées peuvent, quant à elles, rester plus longtemps chez elles. En France, côté Santé, c’est La Poste qui signe la plus grosse annonce avec le lancement de son carnet de santé numérique.

Pour la première fois, le CES proposait un espace dédié à l’intelligence artificielle (IA). C’est pour défendre son système doté d’IA - Google Assistant - que Google était de retour au CES après 10 ans d’absence et pour concurrencer celui d’Amazon (Alexa).

Tous les objets du quotidien se pilotent désormais à la voix. L’interaction homme-machine marque la fin des applis pour aller vers le conversationnel. Cette intelligence prend aussi la forme de robots humanoïdes que j’ai pu voir jouer au scrabble, au ping-pong ! Cela donnait réellement l‘impression d’interagir avec un humain. La frontière entre l’homme et la machine devient de plus en plus floue.

Enfin, la mobilité est l’autre tendance forte du salon, tirée par l’essor du véhicule autonome, qui redéfinit les comportements pendant le trajet. La façon dont on s’occupe en se déplaçant devient un nouveau territoire à explorer, un temps libre à occuper, par exemple en faisant ses courses, en consommant des produits ou des services, en travaillant…

Et dans le domaine de l’assurance, qu’avez-vous repéré ?

Aucun assureur n’avait de stand, mais des start-up présentaient des cas d’usage intéressants. Par exemple, iProtego propose une solution sur la thématique de la e-réputation, Monuma travaille sur la blockchain, avec pour ambition de faciliter l’expertise des œuvres d’art. De nombreuses start-up présentaient également leurs offres en matière de cybersécurité. L’idée est d’imaginer de nouveaux territoires pour un assureur et de voir comment - via la co-création – AXA France peut travailler avec ces sociétés pour créer de nouveaux produits et services pour nos clients. Par exemple, nous avons lancé l’offre "Promium Connecte et Protège" avec Somfy.

Comment considérez-vous que la FrenchTech se positionne sur le marché de l’assurance ?

La FrenchTech était très présente au CES et cela donne un sentiment de fierté, d’autant plus que nous avions presque autant de start-up sur place que les Etats-Unis !!!

Cependant, rares sont les start-up françaises qui étaient spécifiquement positionnées sur le secteur de l’assurance. Nul doute en revanche que nous avons en France beaucoup de talents et une capacité d’innovation certaine, comme peuvent en témoigner la start-up Alan, qui veut révolutionner l’assurance santé ; c’est en quelque sorte la version française d’Oscar. Shift, start-up française spécialisée dans la détection des fraudes, ou encore Fluo, qui propose des solutions dans l’agrégation des polices d’assurance.

Pour finir, quelles sont les innovations pour lesquelles vous avez eu un coup de cœur ?

La Poste, où j’ai été accueilli par un facteur qui me présentait son nouveau métier, visant par exemple à livrer les courses, prendre soin des personnes isolées, rechercher un artisan… Leur nouveau positionnement est en lien avec les notions de proximité et de contact, qui correspondent à l’ADN de l’entreprise. La Poste est un bon exemple de transformation réussie, un modèle à suivre dans le passage à l’action.

Enfin, Navya faisait des démonstrations de leur navette autonome, actuellement en test à la Défense, préfigurant des prochaines générations de bus. J’ai été frappé par le réel sentiment de sécurité bien qu’il n’y ait pas de conducteur !