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Les Français sont accros à Internet ! Chaque jour, ils passent en moyenne 3h53 sur la toile depuis un ordinateur et 1h17 depuis un mobile. Mais ils sont aussi de plus en plus nombreux à s’inquiéter de la protection de leurs données de navigation. Celles-ci seraient scrutées par les gouvernements et les marques... Des programmes de cryptage se généralisent donc afin de protéger la vie privée sur le net.

Des "lanceurs d’alerte" aux craintes du marketing

On se souvient des "révélations Snowden" de juin 2013, qui prouvaient que les Etats étaient en mesure de lire nos mails, suivre nos conversations, nous écouter, regarder nos photos... Depuis ce choc, le grand public est alerté sur les possibles atteintes à la protection de sa vie privée. Soucieux de se protéger, il fait de plus en plus appel à de logiciels empêchant d’être "pisté" par les entreprises sur Internet. Car ce sont davantage les marques que les Etats qui sont aujourd’hui dans le collimateur des usagers du web.

Le procédé est maintenant bien connu : chaque fois que l’on visite un site, des cookies viennent se nicher dans nos disques durs. Ces petits fichiers témoignent de nos habitudes de navigation ou le contenu de nos recherches. Enjeu : une publicité plus ciblée et le commerce de vos habitudes. Les logiciels prônant un web respectueux des données privées refusent donc cette équation Internet qui veut que sous l’apparence de la gratuité, les données des utilisateurs soient monétisées. Premier exemple du type, Mozilla / Firefox : une suite internet en open source, disant offrir messagerie et navigateur internet ne laissant pas de cookies.

Un mouvement qui prend de l’ampleur

Face au mécontentement grandissant des utilisateurs, Google Chrome et maintenant Apple proposent une "navigation privée", un système de session éphémère. Sous ce mode, les cookies et traces de connexion sont systématiquement effacés. Une fonction très utile si vous vous connectez depuis une machine qui n’est pas la vôtre. Cependant, des voix s’élèvent pour souligner que cette navigation n’est pas totalement "privée" ; et témoignent ainsi du déficit de confiance auquel font face les géants d’Internet…

Cela laisse un boulevard à de nouveaux acteurs libertaires (et légaux), s’opposant aux pratiques des sites marchands, et ce pour tous les services du web. Une messagerie sans pub ? Après l’ancêtre altern.org (à ce jour fermé) c’est Mailoo.org ou Newmanity qui proposent des services de messagerie sans tracking ni publicité. Pour les messageries instantanées ? Invisible.im souhaite rendre presque impossible la surveillance par les "méta-données". Côté moteur de recherche, si Google ou Bing enregistrent et monétisent nos informations de recherche, d’autres sont plus respectueux. L’un des plus connus est Duck Duck Go. Lancé aux États-Unis en 2008, Duck Duck Go n'enregistre ni les recherches, ni les adresses IP. On citera aussi le frenchy Qwant, ou encore Startpage, qui utilise le moteur de Google, mais vous évite d’être pisté.

Des méthodes encore plus radicales… et légales

Pour aller plus loin dans la protection de ses données personnelles, les défenseurs les plus pointilleux de la vie privée sur le net préfèrent utiliser des proxys, des réseaux privé virtuels (ou VPN) ou encore le réseau TOR. Développé au milieu des années 1990 par les employés de l'United States Naval Research Laboratory, TOR est un réseau informatique décentralisé qui permet de surfer et de communiquer anonymement sur le net en cryptant sa connexion. Pour l’utiliser, il suffit d'installer un navigateur TOR, un peu lent…. Mais très fiable, comme en témoigne le fait qu’il est utilisé dans de nombreux pays autoritaires pour contourner la censure. En décembre 2015, policiers et gendarmes ont demandé au ministère de l’Intérieur "d’interdire les communications des réseaux TOR", a rapporté Le Monde. Le Premier ministre a assuré “ne pas avoir entendu parler” de cette demande… Les moyens techniques de protéger la vie privée sur le web, un sujet à la frontière du droit, de la raison d’Etat et d’enjeux commerciaux colossaux qui n’a pas fini d’être sensible au cours des prochaines années.