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Irritabilité, parasomnies, épuisement professionnel… Malgré leurs différences, ces symptômes peuvent tous être déclenchés par le stress. Cet état réactionnel à la pression peut néanmoins être combattu.

Si l’on en juge par la consommation de psychotropes, en augmentation dans presque tous les pays de l’Union Européenne en 10 ans, les Européens sont stressés. L’enjeu est de taille : le stress serait la cause plus ou moins directe de 60% des consultations chez le médecin, et de 50 à 60% des journées de travail perdues en Europe. Des contextes professionnels incertains n’en sont pas la seule cause, puisque désormais 40% des étudiants sont eux aussi concernés, un chiffre encore en augmentation (en moyenne +1% par an depuis 2010). A tel point que les universités, comme les entreprises, proposent de plus en plus souvent des formations pour apprendre à gérer ce sentiment de noyade face aux responsabilités.

Le bon et le mauvais stress

Christine Eglème, sophrologue, psychothérapeute et co-fondatrice du réseau des Centres de gestion du stress note cependant que le stress ne doit pas être nécessairement combattu en soi, car à l‘instar du cholestérol il y a le bon et le mauvais : "Nous avons besoin du stress qui est un signe d’accommodation du corps aux modifications de notre environnement. Ce stress devient négatif lorsque l’organisme est submergé, autrement dit quand il n’arrive plus à faire redescendre la pression alors que la situation qui l’a générée est terminée" explique-t-elle. L’objectif ne doit donc pas être de faire disparaître le stress, mais bien de savoir le gérer. Heureusement, il existe des méthodes pour cela : "La gestion du stress regroupe un ensemble de techniques comportementales et émotionnelles qui permettent de réduire les conséquences du stress et d’agir directement sur les "stresseurs"" explique Dominique Servant, psychiatre et responsable de l'unité spécialisée sur le stress et l'anxiété du CHU de Lille, dans son ouvrage Gestion du stress et de l’anxiété (2012).

Les étapes de la gestion du stress

Les méthodes préconisées pour apprendre à gérer son stress comportent souvent plusieurs étapes. Elles débutent par l’identification des problèmes à la source du stress et aboutissent à l’acquisition d’une méthode propre à chacun, permettant de diminuer son niveau de stress. Entre les deux, les spécialistes préconisent notamment de changer sa manière de penser (éviter le cynisme, se concentrer sur le présent) et de se comporter (savoir dire non, relaxer son corps, dormir). La sophrologie peut s’avérer d’une grande aide. "L’idée consiste à mettre de la conscience dans chaque mouvement. Pas juste bouger mécaniquement mais vivre pleinement ses faits et gestes" illustre Christine Eglème. A l’entendre, il suffirait d’un entraînement de 2 à 3 mois, à raison d’une heure à une heure trente par semaine, pour obtenir de premiers effets bénéfiques. Une première étape chez soi ? S’obliger à adopter une respiration abdominale (à la base de toutes les techniques de relaxation). Après tout, comme le disait Fritz Perls, le fondateur de la Gestalt-thérapie, "la peur, c'est l'excitation sans la respiration".